Loi sur la liberté de la presse : quand un député se fait recadrer par le président de l’Aguipel

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Invité de l’émission « On refait le monde » de Djoma TV ce vendredi 15 janvier, le député Boubacar Siddighi Diallo a abordé la très décriée décision du juge Aboudoul Gadiri Diallo, condamnant trois journalistes de Nostalgie sur la base du code pénal en lieu et place de la L02 portant sur la liberté de presse. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que le député et ancien membre du CNT a eu une lecture à la fois « tendancieuse et erronée » de cette disposition juridique.

L’invité n’a pas fait de cadeau à la presse guinéenne, même s’il prétend compter des amis dans cette corporation. M. Diallo va jusqu’à insinuer que le journalisme tel qu’il se pratiquerait présentement tend à le « faire regretter d’avoir voté cette loi » quand il était membre du Conseil National de Transition (CNT).

Ce n’est pas tout. Car, le plus grave, c’est que le juriste, doublé de législateur qu’il est, a visiblement parlé de ce qu’il ne maîtrise pas. En tout cas, s’il n’a pas intentionnellement dit des contrevérités à l’antenne pour des raisons que seul lui saurait expliquer.  En effet, l’invité de Djoma TV de ce soir, a persisté et signé que légalement, la plainte que les journalistes avaient l’intention de porter contre le juge Gadiri ne pouvait pas être reçue par le ministre de la Justice.  S’arc-boutant sur l’indépendance du magistrat.

Une lecture erronée qui a été heureusement rectifiée dans la même émission par un journaliste et également ancien membre du CNT. Le président de l’Association guinéenne de la presse en ligne (AGUIPEL), Amadou Tham Camara en l’occurrence. Au téléphone, M. Camara a rectifié son ancien collègue en ces termes : « cette plainte est reçue par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux. » Tout en faisant prévaloir les dispositions contenues dans la loi CNT L054 de 2013… »

Puis de préciser : « l’infraction commise, est un manquement résultant de l’insuffisance professionnelle. »  Dans le cas d’espèce, ajoute-t-il, une loi ‘‘mauvaise’’ a été prise alors que la loi qui sied, est celle portant sur la liberté de la presse.  Tout en rappelant que « monsieur Sidighi n’est pas sans savoir que ‘’les règles spéciales dérogent aux lois générales… »

En réaction et visiblement gêné, l’invité avouera que ce que le président de l’Aguipel Amadou Tham Camara ‘’a dit est tout à fait exact. Il confirmera de passage qu’il a effectivement siégé avec lui au CNT. Malheureusement, le député n’a pas dit pourquoi il a passé tout son temps dans l’émission à soutenir l’inverse de ce qu’il avoue être vrai.

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