Lola : envahies par des produits chinois, les teinturières de la localité lancent un cri d’alarme

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Teinturière, Lola, Forêt Sacrée, pagne

Les teinturières spécialisées dans la confection de pagnes estampillés « Forêt sacré », ne savent plus où donner de la tête face au manque de matériau mais aussi à l’invasion du marché guinéen par des produits contrefaits en provenance de la Chine.

Certaines teinturières basées dans la commune urbaine de Lola ont conté leurs difficultés au reporter de   Guinéenews, parti à leur rencontre.

Selon Mamy Gbahara, teinturière au quartier Flayapo  les écorces employées dans la teinture se font de plus en plus rares à Lola.

Pour s’en procurer, il faut se rendre à N’Zoo, à Guéasso, le long de la frontière ivoirienne, où du côté de la frontière libérienne. Cela coûte beaucoup d’argent dit-elle.

Cela se répercute ainsi sur le coût des pagnes à la vente, souligne notre interlocutrice. Qui plaide pour une assistance des autorités compétentes.

« Si vous avez de l’argent, vous pouvez aller prendre beaucoup de pagnes, et nous n’avons pas d’argent, on achète seulement un petit nombre chez les commerçants, pour les teindre », déplore-t-elle.

Il s’agit il faut le préciser de pagnes blancs, qui sont ensuite soumis aux effets de la teinture.

« La confection des pagnes forêts sacrées est une tradition chez nous. Je l’ai appris de ma mère et elle de sa mère aussi. Je continue à exercer ce métier pour satisfaire les besoins de ma famille », explique Mamy Gbahara.

L’autre difficulté à laquelle sont confrontées ces teinturières est la conservation de leur production. Ainsi durant l’hivernage, la plupart des pagnes s’abiment en perdant de leur couleur.  Faute d’endroit sec pour les garder.

Selon Sény Maomou, teinturière elle aussi basée à Lola, l’autre problème c’est la concurrence des pagnes chinois. Des pagnes fabriqués aux couleurs de la Forêt sacrée.

 Ces femmes évoluant dans l’artisanat ont profité de cet entretien pour lancer un appel au gouvernement afin de leur venir en aide.

Surtout en veillant à ce que les produits contrefaits n’inondent pas nos marchés.