L’opposition s’est-elle fait prendre à son propre piège ? Les déballages de Damaro

mai 12, 2018 4:57
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« Le RPG Arc-en-ciel est favorable à la reprise des élections dans les communes qui font l’objet de contestation»

Après le retrait de l’opposition du comité de suivi du dialogue politique, le président de la majorité parlementaire est monté au créneau ce samedi 12 mai, non seulement pour fustiger l’attitude des opposants mais aussi donner la position de sa famille politique face à cette décision, a-t-on constaté au siège du parti à Gbessia.

Ce que cache l’attitude de l’opposition selon Damaro

 Selon le député Amadou Damaro Camara, depuis 2010,  l’opposition guinéenne s’est inscrite dans une logique de crise. Dans le seul but, dit-il, de freiner le développement du pays.

«Depuis l’arrivée du président Alpha Condé au pouvoir en 2010, nous avons constaté que notre opposition ne fait que créer des crises artificielles. Ce que les opposants ne peuvent pas obtenir par la loi et à l’Assemblée nationale, ils créent des crises pour aller à des dialogues afin de les obtenir tout en contournant la loi.  D’ailleurs, c’est ce qui nous amenés en octobre 2016 avoir un accord politique qui nous a été imposé au nom de la paix et de la stabilité. Malheureusement, Nous constatons que nous n’avons ni paix, ni la stabilité, moins encore le respect de la loi», a-t-il regretté devant des militants qui le suivaient religieusement.

 L’audit du fichier

A en croire Amadou Damaro Camara, aucun cabinet international n’a pu soumissionner pour le point relatif sur l’audit du fichier électoral. La raison, selon lui, l’opposition a mis des paramètres dans le cahier de charges qu’aucun cabinet international n’a pu remplir.

«L’accord politique d’octobre 2016 disait qu’il faillait une nouvelle loi sur la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante). Aujourd’hui, cette loi est en élaboration à l’Assemblée nationale. Dans le cadre du comité de suivi, sur le même accord, nous avons dit de faire l’audit du fichier électoral par un cabinet international sur la base d’un appel d’offre que la CENI devrait lancer. L’opposition a mis tellement de paramètres politiques dans le cahier charges en ignorant que le fichier est en numérique et qu’il n’accepte pas forcement toute sorte de maniement. C’est pourquoi jusqu’à présent, nous n’avons pas pu faire l’audit du fichier électoral. Aucun cabinet au monde n’a pu soumissionner pour venir faire l’audit de notre fichier en fonction de cahier de charges que l’opposition a élaboré», a-t-il dénoncé.

Le Code électoral

 Sur le code électoral, Damaro Camara laisse entendre que l’opposition est victime de son propre choix. «Il y a eu le code électoral l’année dernière. La mouvance présidentielle avait fait des propositions. Comme l’opposition a été surprise par nos propositions, elle nous a traités de ceux qui veulent brûler le pays. Notre proposition était très simple. Nous avons déjà essayé le scrutin majoritaire en Guinée. C’est-à-dire celui qui est en avance prend toute la commune. Ce mode a des avantages et des inconvénients. Son avantage, c’est la stabilité car, c’est un groupe qui gère toute la commune. Son inconvénient, est qu’il exclut la minorité de la gestion des communes. Nous avons aussi essayé la proportion intégrale. L’avantage de celui-là aussi est la participation démocratique de tout le monde et son inconvénient est l’instabilité. C’est exactement le cas que nous vivons aujourd’hui. Les petites listes qui ont obtenu un conseiller, deux conseillers ou encore trois conseillers, prennent les grands partis politiques en otage dans l’installation des conseillers dans les communes. Le RPG Arc-en-ciel avait proposé de faire un scrutin mixte, c’est-à-dire, si une liste qui arrive en tête, prend les 51%.  Avec cette option, il y aura la stabilité pour gérer la commune et 49% seront repartis proportionnellement aux autres listes. Cela permettra à tout le monde de participer au débat de développement de la commune. L’opposition qui croyait à des manœuvres dilatoires, a fait tellement de bruits que nous avons été obligés sur la recommandation du BPN (Bureau Politique National) d’aller retirer nos propositions pour avoir la paix», a-t-il rappelé.

Le Contentieux électoral

Parlant des communes où il y avait des contentieux, Damaro Camara a estimé que les arrêts des tribunaux sont sans appel. «Dans la loi électorale, nous nous sommes dits avec l’accord de tout le monde que tous les contentieux électoraux doivent être évacués et vidés par les tribunaux. Après les élections locales, personne n’était content, le RPG a porté plainte dans 26 circonscriptions. La justice l’a débouté dans 24. L’opposition qui croit avoir tout gagné partout, a été aussi déboutée par la justice.  Comme d’habitude, ils ont dit qu’ils ont été volés par les magistrats et qu’ils ne sont pas d’accord alors que la loi dit que leurs arrêts sont sans appel», a-t-il expliqué.

 Et d’enchainer : «ils descendent dans la rue, ce sont des morts, des blessés et des pillages. Au finish, il faut aller au dialogue. Le comité de suivi n’a pas vocation de changer des décisions de justice. Nous n’avons pas encore la vocation de changer les résultats publiés par la CENI. Malgré que le chef de l’Etat soit un homme de droit, il nous a dit d’aller dialoguer pour trouver la solution. Avec tout le respect qu’on doit au président de la République, s’il avait une solution, il aurait dit quand il avait rencontré le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo ou le président de l’UFR Sidya Touré ou encore, la majorité présidentielle. N’ayant pas de solution, c’est pourquoi il nous a dit d’aller nous entendre.»

 Le RPG Arc-en-ciel opte pour la reprise des élections dans les communes qui font l’objet de contestation.

 «Si les résultats sont mauvais, le vol est si évident et vous êtes tellement surs de votre victoire, les élections se sont déroulées dans 342 communes, il ne reste que 12… Il devient ainsi très facile d’organiser les élections dans ces 12 communes litigieuses. Nous allons prendre des observateurs internationaux pour surveiller et celui qui gagne aura gagné. Vos militants sont encore présents. Nous avons demandé à la CENI que dans combien de temps elle pourra organiser une telle élection. La CENI nous a répondus que dans 45 jours et à moindre coût (…). Certains ont dit que si nous reprenions les élections, qu’il aura un dysfonctionnement entre les mandats. Je dis que cela n’est pas vrai, 45 jours de différence dans un mandat de 5 ans, ne veut rien dire. La preuve,  il y a trois mois depuis avons terminé les élections et les conseillers ne sont toujours pas installés», a-t-il expliqué.

Poursuivant, le conférencier déclare : «j’avoue qu’il n’est pas nécessaire de bloquer le reste du pays parce qu’il y a 12 communes où il y a un contentieux électoral. Nous demandons à ce que ces communes soient installées et qu’on reprenne les élections dans les communes où il y a des problèmes…».

D’après Amadou Damaro Camara, l’opposition veut avoir quelque chose qu’elle n’a pas obtenu légalement. «L’opposition ne veut pas la reprise des élections parce qu’elle a tellement volé que si nous reprenions, elle va être dévoilée. Sinon, vous n’êtes pas d’accord sur l’arbitre, non plus les penalties, moins encore les buts, mais reprenez le match. Mais si l’opposition  dit qu’il faut qu’on les accorde les deux penalties voire que nous considérons que ces deux penalties sont déjà des buts. Voilà ce que l’opposition demande».

 Le retrait de l’opposition dans le comité de suivi du dialogue politique

«Quand Dieu veut dévoiler le voleur, il a plusieurs moyens de le faire. En conférence, l’opposition a annoncé son retrait du comité de suivi du dialogue alors que les négociations n’avaient même pas commencé (…). Nous avons annoncé à la communauté internationale, à la société civile et aux cadres du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation que notre position, c’est d’installer les conseillers dans toutes les communes de la Guinée. Le minimum que nous pouvons faire, est d’installer les conseillers dans les 330 communes où il n’y pas de problème. Je ne vois pas pourquoi on va bloquer le développement de Yomou parce qu’on ne s’entend pas à Dixinn…», s’est-il indigné.

L’opposition doit être claire sur son retrait dans le comité de suivi du dialogue.

«Nous avons demandé à la communauté internationale que si l’opposition dit qu’elle se retire du comité de suivi du dialogue, qu’il faut qu’elle soit claire. Cela veut dire que le débat sur la CENI est suspendu et le débat sur le fichier électoral est aussi bloqué. Parce que ce sont des points de l’accord qui sont suivis au comité du dialogue. Ou bien que l’opposition  vienne nous préciser, si elle s’est retirée seulement du contentieux électoral.  Au RPG Arc-en-ciel, nous n’avons aucune proposition désormais sur la table en termes de négociation. La communauté internationale a apprécié la clarté de notre position tout en nous félicitant….», a-t-il fait savoir.

Pour terminer, Damaro  Camara a déclaré que l’agenda de l’opposition est clair. Selon lui,  Cellou Dalein Daillo veut empêcher le développement du pays prôné par Alpha Condé. «Son agenda n’a rien à avoir avec les élections», a-t-il conclu.