L’uniforme de la MINUSMA aurait attiré les bandits vers les 3 soldats guinéens morts au Mali

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Près de quarante huit  heures, après l’embuscade tendue, à des militaires guinéens, appartenant à la Mission des Nations Unies au Mali, on en sait un peu plus, sur les dernières heures, des victimes Ismaël Bangoura, Yves Haba et Michel Thea, et des circonstances de leur mort.

Joint au téléphone par Guineenews©, un élément de ce contingent, de plus de 850 personnes, a donné quelques détails, sur l’incident, qui a eu lieu, vendredi dernier, à 44 kilomètres de Bamako.

A en  croire notre source qui veut rester dans l’anonymat, ses 3 compagnons d’armes, qu’il connaissait parfaitement tous bien, depuis près de 2 ans, -partaient en congé, auprès de leurs familles respectives, en Guinée.

Basés à Kidal, au Nord du Mali, les guinéens avaient voyagé d’abord , à bord d’un hélicoptère onusien de Kidal, à Gao, dans le centre du Mali.

De Gao, c’est un autre avion affrété par la même mission qui avait continué à assurer la liaison sur Bamako.

A l’arrivée à Bamako, il y avait  un total de 5 Guinéens du même régiment, qui partaient en Guinée. Trois étaient vêtus de l’uniforme des casques bleus.

Dans le contrat passé avec le ministère guinéen de la défense, il est dit que « les Nations Unies payent tous les frais et que le transport  de Bamako pour Conakry, c’est aux autorités guinéennes, d’en assurer les coûts ».

Notre interlocuteur nous dit que jusqu’à présent, ce sont les militaires déployés, qui se chargeaient eux-mêmes, de payer les frais et organiser la logistique pour rejoindre leurs lieux désirés. Il ne nous a pas dit, si ces frais étaient remboursés ou pas par le ministère de la défense qui continuait à leur verser les salaires.

C’est donc autour de la gare routière de la capitale malienne, que les militaires guinéens, reconnus dans l’uniforme des casques bleus, auraient été repérés.

Les braqueurs leur ayant tendu le piège les croyaient être en possession du cash ont suivi le taxi au bord duquel, les 5 s’y étaient embarqués.

Depuis le début du conflit au Mali, les Nations Unies et leurs institutions spécialisées du système sont devenues les plus gros employeurs du pays. Avec un effectif de 15.000 hommes, dont 850 Guinéens, la MINUSMA verse une moyenne, de 3000 dollars par mois, à chaque élément, tout en assurant des avantages liés aux risques du métier, à eux et à leurs familles.

A 44 kilomètres de Bamako donc, le chauffeur s’était arrêté, soit après avoir constaté qu’il était suivi, soit parce qu’il y était complice. Il aurait affirmé éprouver des difficultés mécaniques.

Une fois le véhicule immobilisé, les bandits ont tiré à bout portant sur les 3 militaires guinéens en uniforme. Ceux-ci ont succombé sur le champ. Un quatrième est gravement blessé et le cinquième qui est sorti indemne, est celui qui est en train de donner des détails, à la représentation de la MINUSMA, à Bamako. Lui ne portait pas l’uniforme.

La piste djihadiste ayant été écartée  par la mission elle-même, de nombreuses zones d’ombres persistent sur d’éventuelles complicités ou pas, à l’interne. D’ailleurs, il y a quelques années, le même contingent avait été victime d’une attaque suite à des complicités internes. Les djihadistes ont infiltré un travailleur interne avant de commettre leur attentat à travers des bennes à ordures causant la mort des casques bleus y compris des Guinéens.