Lutte anti nouvelle constitution : FNDC, la tactique du bélier

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Depuis lundi 13 janvier, on nage en plein mélodrame. Avec l’épreuve de force qui se durcit entre le Front national pour la défense de la constitution (Fndc), décidé à freiner des quatre fers contre le projet de changement constitutionnel et un exécutif autiste.

Le bilan de cette première journée d’agitation est de deux morts. C’est dire que le décompte macabre se poursuit, sans que les autorités compétentes ne puissent à ce jour identifier les auteurs de ces tueries perpétrées principalement le long de l’axe Hamdallaye-Wanindara.

A chaque fois qu’une victime est fauchée, pour calmer les clameurs des parents, le gouvernement annonce des enquêtes. Mais pour maints observateurs, c’est juste pour créer un écran de fumée afin de détourner l’attention de l’opinion de ces jeunes gens qui tombent sous des balles.

On est finalement dans une sorte de quadrature du cercle, à propos de la centaine de morts enregistrés depuis 2010. Et comme le dit Sherlock Holmes, à qui profite le crime ? Mais au coupable bien évidemment.

Dans la nouvelle escalade que connait le bras de fer entre pros et anti-troisième mandat, rien n’est fait par le pouvoir pour calmer le jeu. Sinon que des discours au vitriol d’un gouvernement qui préfère se mettre la tête sous le sable pour vendre un projet ‘’chimérique’’ aux Guinéens.

Il n’en fallait pas plus pour le Fndc d’en appeler dorénavant à un changement de stratégie dans son combat contre le renouvellement de la constitution.

Ainsi après l’acte 7, baptisé « marche de l’ultimatum », qui s’est déroulé le 6 janvier dernier, la coordination de la plateforme du Fndc a opté pour la désobéissance civile sous le terme « d’appel à la résistance ». Un choix pas du tout anecdotique.

Dans un communiqué publié au terme de la journée du lundi, le Fndc s’est réjoui que son appel ait été ‘’largement suivi par les populations dans plusieurs villes de la Guinée.’’

Et que le combat contre le 3ème mandat devrait continuer ce mardi 14 janvier.

 Le Front utilise désormais ce qu’on appelle la tactique du bélier. Cela consiste à porter des coups contre une cible, sans marquer de pause. Jusqu’à ce que l’édifice s’effondre.

Peu importe le nombre de victimes qui vont tomber dans cette épreuve de force. Le but ultime étant de parvenir à faire reculer le président Alpha Condé.

Et face à un président qui n’a pas hésité à rappeler dans les colonnes du journal Le Monde que « dans les autres pays où il y a de nouvelles Constitutions, il y a eu beaucoup de manifestations, il y a eu des morts, mais ils l’ont fait », on pourrait s’attendre encore au pire.

 Et bien malin qui pourra nous dire, qui des deux camps, passera l’autre au fil de l’épée.