Lutte contre le Covid-19 : Cellou Dalein Diallo dénonce le plan de riposte du gouvernement

0
753
Cellou, Dalein, UFDG, domicile,

Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a fait le survol de l’actualité guinéenne, ce jeudi matin, dans l’émission les GG d’Espace Fm. Cellou Dalein Diallo a profité de cette occasion pour évoquer la lutte contre le Covid-19 et le plan de riposte proposé par l’Etat guinéen.

Sans surprise, l’ancien chef de file de l’opposition a fustigé l’attitude du gouvernement dans le cadre de la prévention de la pandémie Covid-19. Cellou Dalein Diallo estime qu’un « plan de riposte efficace doit comporter la prévention, le dépistage, l’isolement, le traitement des cas positifs, et le suivi des contacts ». Il reproche aux dirigeants de n’avoir pas suffisamment partagé les informations pour évaluer la gravité de la situation afin d’élaborer « des actions à mener pour prévenir la propagation du virus. »

Outre cela, le leader de l’UFDG pense que « nous sommes dans un contexte marqué par une crise profonde de confiance entre les Guinéens et les dirigeants. Ils (les dirigeants) ne sont pas crédibles, on ne leur fait pas confiance. On aurait dû mettre en place une commission pluridisciplinaire avec la presse, le syndicat, le secteur privé, et les différentes associations professionnelles. »

Ce qui aurait permis à ses yeux de donner plus de crédibilité au plan de riposte car, poursuit-il, « les dirigeants se sont illustrés dans la corruption et le détournement des deniers publics. Alpha Condé a dit  récemment qu’on va substituer Ebola business par Corona business. »

Dans sa diatribe contre le gouvernement, l’opposant a dénoncé le manque « de crédibilité du gouvernement. ».  C’est un problème fondamental, expliquant au passage, que la Guinée n’a pas les moyens pour financer son plan de riposte.

A cela, il faut ajouter l’inquiétude des partenaires. C’est pourquoi, souligne M. Diallo, le doute « persiste aussi bien chez les Guinéens que les partenaires. Parce que si l’argent vient comment le faire parvenir à ceux qui l’en ont besoin.  En côte d’Ivoire ce n’est pas l’Etat qui gère les fonds, ce sont les cabinets d’expertise, qui rendent compte, l’Etat contrôle. Et chez nous en Guinée,  les gens sont portés vers l’enrichissement illicite. Il y a des partenaires aujourd’hui qui s’interrogent sur le canal à utiliser pour faire parvenir   à ceux qui en ont vraiment besoin leur concours. Ils cherchent des Ong fiables et crédibles  pour ne pas mettre l’argent dans les mains de ce gouvernement corrompu». Et de conclure par : « ce plan de riposte en soi ne signifie absolument rien. »

Cependant, martèle-t-il, l’Etat guinéen a encore une marge à exploiter pour la réussite du plan. Pour cela, il « doit donner des garanties que les ressources qui pourraient être mises à sa disposition seront bien  utilisées, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.  Au niveau de l’UE, il y a 14 milliards d’euros disponibles pour l’Afrique. Mais il faut donner des gages, présenter des dossiers crédibles par rapport à la lutte contre la pandémie. Malheureusement, l’Etat souffre d’un manque de crédibilité. Mais je suis sûr que la communauté internationale n’abandonnera pas la Guinée. »