Lutte contre le tétanos maternel et néonatal : Vers la vaccination de plus 3 millions de femmes en âge de procréer

janvier 23, 2019 6:33
Vacciner au moins 80% des femmes en âge de procréer dans les districts à risque contre le tétanos, c’est l’ambition du ministère de la Santé en collaboration avec l’UNICEF. En prélude à la campagne nationale de vaccination contre le tétanos maternel et néonatal (TMN), des journalistes reporters et animateurs de radio ont échangé, ce 23 janvier, avec des membres du Programme élargi de vaccination (PEV) et de l’UNICEF sur cette campagne prévue du 29 janvier au 3 février 2019.
Pendant ces 5 jours, le PEV envisage de vacciner pendant une première phase 3 millions 79 mille 51 femmes en âge de procréer (de 15 à 49 ans) dans les 38 districts sanitaires avec un besoin en vaccin de 3 millions 382 mille 351 doses.
Lors du 2ème tour de vaccination, ce sont 1 million 715 mille 451 femmes qui seront concernées dans 23 districts sanitaires où le risque de tétanos maternel et néonatal est élevé. Quant au 3ème tour, il concernera les districts de Fria, Kaloum et Dabola, qui présentent le plus grand risque de TMN. La population cible est de 96 mille 315.
Dans son intervention, Moustapha Dabo, coordinateur du Programme élargi de vaccination (PEV), il n’y a que trois pays en Afrique de l’Ouest à n’avoir pas éliminé le tétanos : « En Afrique de l’Ouest, il y a trois pays qui n’ont pas éliminé le tétanos maternel et néonatal. C’est la Guinée, le Mali et le Nigeria. Ce n’est normal. Le Nigeria est dans un contexte que vous connaissez. Vous savez tout ce qui se trouve au Nord. Idem pour le Mali. Le seul pays, stable, en paix, avec 245 mille km2 et environ 12 millions d’habitants, c’est la Guinée qui n’a pas encore éliminé le tétanos maternel et néonatal. Pourquoi ? Parce que l’accouchement n’est pas très sécure. L’accouchement doit être propre. C’est pourquoi dans cette dynamique là, dans ce travail, il faut qu’on collabore avec le service de santé de la mère et de l’enfant pour que tous les accouchements soient des accouchements sécures, propres. Ce n’est pas seulement la vaccination. C’est vrai qu’on va vacciner pour prévenir mais il faut qu’à côté qu’il y ait un accouchement propre, que le cordon ombilical soit bien traité, etc. »
M. Dabo a fait savoir que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé la poursuite de la vaccination de l’enfant jusqu’à sa deuxième année. Cette recommandation, malheureusement, n’est pas applicable en Guinée actuellement : « Les nouvelles recommandations de l’OMS, c’est la vaccination à la seconde année de vie chez l’enfant. Jusqu’à présent on arrête la vaccination à moins d’un an, mais dans les autres pays comme le Sénégal, on continue de vacciner dans la deuxième année de vie de l’enfant des doses supplémentaires de TD (Tétanos et Diphtérie). Mais pour le moment ce n’est pas applicable chez nous ici. »
Le coordinateur du PEV a annoncé ensuite une bonne nouvelle pour les postes de santé de l’intérieur du pays : « Au-delà de cette campagne, on est en train de déployer plus de 800 réfrigérateurs solaires dans le pays. On s’est rendu compte que les points de vaccination sont loin de la population. Quand le service est très loin de la population, les gens ne viennent pas. Donc, un travail de fonds que nous sommes en train de faire au niveau du PEV c’est de doter tous les postes de santé de ce pays en réfrigérateur solaire. On a 935 postes de santé, 1361 réfrigérateurs solaires qui vont arriver. Il y en 863 qui sont en cours d’installation à l’intérieur du pays. »