Main tendue d’Alpha Condé: un piège à cons ?

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L’opposition voit derrière la main tendue du président des arrière-pensées politiques, si ce n’est simplement un piège à cons. On ne peut lui donner tort, pour n’avoir été pris qu’à rebrousse-poil par Alpha Condé, depuis son avènement à la tête de la magistrature suprême en 2010.

Le président Condé aura attendu de renouveler son bail pour la troisième fois, pour se prêter à l’exercice de la main tendue à son opposition. On se souvient que dans un passé encore récent, le président n’était pas chaud pour rencontrer ses opposants autour d’une table de dialogue.

On était dans la perspective du double-scrutin du 22 mars, et malgré les objurgations des leaders religieux, les portes du palais étaient restées fermées aux opposants et à la société civile.

Le pouvoir avait préféré, en lieu et place du dialogue, resserrer plutôt les boulons. Cette politique de l’autruche s’est soldée par des dizaines de morts, lors du double-scrutin référendaire et législatif du 22 mars. Le décompte macabre s’est poursuivi jusqu’au lendemain de la présidentielle du 18 octobre.

Si aujourd’hui le président tend la main aux opposants, c’est dans l’ordre normal des choses que ceux-ci soupçonnent des arrière-pensées politiques derrière cette stratégie.

Car le temps faisant son effet, l’image d’Épinal d’un Alpha Condé, rassembleur s’est écornée le long des dix ans de règne du président. Pour ne laisser la place qu’à celle d’un animal politique à sang froid.

Comme le dit Patrick Stefanini, cet ancien conseiller de l’ombre de Jacques Chirac, « en politique on mène la guerre, mais ensuite, il faut savoir organiser la réconciliation, surtout quand on est vainqueur.» Mais le cas de figure auquel nous assistons dans  notre pays, c’est  tout le contraire de cette stratégie politique. En effet, le président est accusé par l’opposition de se comporter comme en terrain conquis. Son principal opposant va jusqu’à qualifier sa main tendue de ‘’main assassine’’.

Il en veut pour preuve les interpellations opérées dans les rangs de son parti. Sans oublier les tueries non encore élucidées. Me Kabèlè Camara, autre candidat malheureux de la présidentielle craint que cette main tendue ne soit que de façade. Pendant que la dague est sous la manche de la chemise.

Dans cette atmosphère marquée par un déficit de confiance entre acteurs, les vertus du dialogue auront du mal à prospérer. C’est tout simplement  la quadrature du cercle. Même si certains politiciens artificiels sauteront sur l’occasion pour venir à la gamelle. Puisqu’avec le pouvoir, il y a toujours à boire et à manger. C’est aussi ça le monde de la basse politique.