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    vendredi, 16 avril 2021
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    Maison centrale de Conakry : l’OGDH refoulée, les conditions de détentions des opposants durcies 

    Finalement l’équipe de l’Organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH) n’a pas pu accéder aux détenus politiques à la maison centrale de Conakry. Le président et vice-président de cette organisation respectivement MM. Souleymane Bah et Alpha Amadou DS Bah ont essuyé le refus de la garde pénitentiaire pendant qu’ils étaient dans les locaux de l’institution carcérale.

    C’est en sa qualité d’avocat que le vice-président de l’OGDH a pu accéder à deux détenus politiques, à savoir Abdoulaye Bah et Ousmane Gaoual Diallo. Son président, Souleymane Bah n’a pas eu d’autre choix que de rebrousser chemin. Au téléphone de Guineenews, il dénonce « une grave violation des droits de l’homme », parce qu’explique-t-il, « un prisonnier a droit à de la visite. Les droits dont il est privé, c’est d’aller et de venir. Les autres droits lui sont reconnus. Donc je dénonce cet état de fait ».

    A propos des motifs du refus, « on nous a dit tout simplement que ce sont les autorités qui donnent l’autorisation. Que c’est le ministère de la Justice qui leur a donné cette consigne formelle », confie-t-il. Et d’ajouter que le régisseur que son vice-président a pu rencontrer sur le même sujet « lui a dit la même chose, c’est-à-dire que sans l’autorisation du ministère de la Justice il ne peut pas entrer ».

    Durcissement des conditions de détention

    C’est sans son manteau d’activiste et membre de l’OGDG que l’avocat accédera à ses clients, ou à certains d’entre eux au moins. Me Bah précise d’entrée dans notre conversation que l’autorisation demandée par le ministère de la Justice « est totalement illégale ». Et que « si je n’avais pas mon badge d’avocat, je n’aurais pas pu accéder à la maison centrale. Ma qualité de défenseur des droits de l’homme n’est pas suffisante pour accéder à la maison centrale et rencontrer des détenus politiques ». Et de s’interroger sur « la distinction entre les détenus politiques et les détenus de droits communs ».

     Avant d’insister que normalement, nous avons le droit d’accéder à tous les détenus qui se trouvent à la maison centrale. Parce que ce sont des gens qui sont en prison en attente de leur jugement. Ils ne sont pas encore condamnés. Et même si c’était le cas, ils restent quand même des êtres humains. »

    « Ils sont dans des conditions vraiment inacceptables parce qu’ils sont dans des calles avec des détenus de droits communs, avec des criminels endurcis qui sont condamnés même à des peines de 20 ans d’emprisonnementt. (…) Des grands criminels, des bandits de grand chemin.»

    « (…) Il n’y a aucune faveur qui est accordée à ces détenus politiques dans leurs conditions carcérales. Ce qui est tout à fait inadmissible. D’après ce qui lui a été rapporté par ses clients, « c’est surréaliste », qualifie-t-il.

    Les soupçons sur l’arrivée d’Almamy Aguibou

    Au téléphone de Guineenews, Me Alpha Amadou DS Bah confirme l’information selon laquelle les conditions de détention des prisonniers politiques ont été durcies depuis l’arrivée parmi eux d’un certain Almamy Aguibou. Un ancien mis en cause et condamné dans l’affaire dite de l’attaque contre le domicile du président de la République dont le père a fait des révélations troublantes ce mardi 9 février matin, dans l’émission les grandes gueules. « Justement », acquisse-t-il. Et d’ajouter « qu’hier nuit, ils ont été séparés parce qu’ils étaient pour la plupart dans la même calle. Mais, ils ont amené Abdoulaye Bah dans une autre calle entre 0 heure et 1 heure du matin » tout en insistant que « leurs conditions sont inacceptables.»

    Plus loin, l’avocat redoute «qu’ils (les dirigeants ndlr) soient dans des dispositions de créer un lien entre les détenus politiques et Alpmamy Aguibou ». Même si, reconnaît-il, « je n’ai pas eu accès à l’interrogatoire de ce dernier… » Et d’ajouter que «j’ai l’impression que son arrivée a bouleversé, durci les conditions de détention.»

    Puis d’informer «qu’Ousmane Gaoual a un problème de santé. Il a un mal qui fait qu’il traine un pied ; le pied gauche». Mais ce qui est encore plus révoltant, dénonce-t-il,  c’est que quand un détenu est transféré à l’hôpital, c’est l’intéressé qui prend en charge ses frais médicaux…»

    Pour recouper ces informations où le ministère de la justice a été particulièrement mis en cause, Guineenews a appelé le service de communication dudit département. En vain.

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