Mamadou Sylla de l’UDG: « Tout est en train d’être réuni pour une crise post-électorale »

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L’Union démocratique de Guinée (UDG) de Mamadou Sylla se retire de la course à la présidentielle du 18 octobre 2020. Plusieurs raisons ont été évoquées par la coalition patriotique pour l’alternance, qui a investi le président de l’UDG, le 15 août dernier.

« Nous avons relevé des insuffisances notoires et un manque de transparence de nature à poser d’énormes problèmes à l’issue du scrutin. Malgré nos questions restées sans réponse, et la poursuite effrénée du chronogramme fantaisiste de façon unilatérale par la CENI, l’implication des acteurs politiques concernés par la Présidentielle n’est toujours pas d’actualité », a indiqué Boubacar Diallo, président du PPD et membre de la coalition qui soutient Mamadou Sylla.

L’autre raison évoquée, c’est la détention de nombreux partisans du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) et le meurtre de plusieurs Guinéens dans les manifestations contre le 3ème mandat : «  L’accalmie des derniers temps risque de tomber en disgrâce  avec de nombreux membres du FNDC encore et toujours emprisonnés injustement. Plus grave, plus de 200 de nos concitoyens ont été tués en défendant la démocratie et l’alternance, sans que les coupables ne soient encore confondus, poursuivis et condamnés. »

Pour Elhadj Mamadou Sylla, son parti se retire pour respecter la mémoire des victimes lors des manifestations : « Chaque parti politique est libre de faire ce qu’il veut faire. Eux ils ont sont partis, mais nous, nous avons trouvé que tout ce qui s’est passé dans le pays, y compris les tueries, il y a plus de 200 personnes qui ont été tuées, on ne pouvait pas ne pas penser à la mémoire de ces gens-là. Sinon, on allait dire qu’ils sont morts pour rien. Et là ce serait très grave pour nous les leaders qui ne pensons pas à ça.  C’est pourquoi on a dit qu’avec tout ce se passe, [le tissu social est en lambeaux], même les sages ne sont pas épargnés, on ne peut pas aller. »

Le président de l’UDG estime que la présidentielle du 18 octobre est une élection gagnée d’avance par Alpha Condé : « Il faut aller là où tu peux gagner. Il ne faut pas aller pour simplement dire que j’ai participé. J’avais bien dit que je ne vais pas jeter l’argent à la fenêtre. Ce n’est pas un boycott mais on a dit qu’il faut essayer de se protéger, prévenir ce qui pourrait arriver. On pense que c’est mieux de se retrier puisque c’est une élection gagnée d’avance. »

Mamadou Sylla déclare que la Guinée n’échappera vitera pas une crise post-électorale. Et son parti ne veut pas participer à un tel scénario dont tous les ingrédients ont été réunis : « Aujourd’hui, l’UFDG et le RPG parlent d’un coup K.O. ça veut dire que tout est en train d’être réuni pour créer une crise post-électorale comme cela s’est pas ailleurs. Et nous ne voulons participer à ça. On pense que le pouvoir va faire un coup K.O et on a appris que l’autre camp en face, veut se proclamer vainqueur dès le soir du 18 octobre. »