Mamadou Sylla sur la présidentielle : « c’est plus facile de faire un coup KO avec deux partis qu’avec plusieurs » 

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Le député et richissime homme d’affaires, El hadj Mamadou Sylla, était l’invité de l’émission “Sans Concession”” de Guinéenews le mardi 1er septembre 2020. Le nouveau chef de file de l’opposition s’est exprimé sur plusieurs sujets liés à l’actualité sociopolitique nationale.

Dans son intervention, l’homme fort de Dixinn-Bora a dénoncé certaines tares dont souffre la Guinée. Il s’agit notamment du manque de dialogue entre les différentes composantes sociopolitiques du pays. Mamadou Sylla a mis un accent particulier surtout le manque de dialogue entre l’opposition parlementaire et extra-parlementaire.

Crise de confiance au sein de l’opposition 

Pour le président de l’Union Démocratique de Guinée (UDG), l’opposition manque d’organisation interne. “Aujourd’hui, on n’est pas organisés. On ne se parle pas entre nous. Chacun se cherche. Il y a une crise de confiance entre nous (opposants, ndlr). Il faut surmonter cette crise. Au lieu de se réunir, non les gens disent que par exemple, moi je n’aime pas la tête de Mamadou Sylla parce qu’il est le chef de file de l’opposition. D’autres vont avancer des arguments contraires. Ce sont toutes ces choses-là qui jouent en notre défaveur.

C’est plus facile de faire un coup chaos avec deux partis qui vont aux élections qu’avec plusieurs partis. Là, les voix peuvent être répartis entre les différents candidats. Chacun va gagner quelque chose et il ne va pas dire qu’il a battu tous ces gens-là coup chaos. On va faire en sorte qu’on puisse aller au deuxième tour.  Et après l’opposition soutiendra le premier.

En 2010, on est tous partis vers le Pr Alpha Condé. Moi, j’étais le vice-président chargé de la Basse Guinée, une zone importante. Si l’on se réunit et on se parle, je pense que c’est possible de vaincre dans les urnes le candidat du pouvoir”, a indiqué l’ancien président du patronat guinéen.

Mais l’union de l’opposition bute à un fait, c’est le manque de reconnaissance du statut du chef de file à Mamadou Sylla avec ses quatre députés issus de l’élection controversée du 22 mars 2020.

“Si l’ancien chef de file n’a pas digéré pour dire que M. Sylla est le chef de file de l’opposition, il faut le reconnaître, c’est cela le problème. Les gens n’ont pas digéré leur absence aux élections législatives. Tout cela arrange le président en exercice. Il faut donc accepter celui qui est là et puis on continue à discuter sur ce qu’il y a à faire. Mais si tu ne me recconnais pas est-ce que demain, je pourrai t’aider ou te reconnaître. Entre Macky Sall et Abdoulaye Wade, c’était comme ça. C’est aussi simple”, a-t-il martelé.

Candidature unique de l’opposition

Certes Mamadou Sylla est favorable à une candidature unique de l’opposition mais au second tour : “vous avez entendu des gens parler de la candidature unique. Il y en a des partis qui sont pour et d’autres contre. Je crois que pour le premier tour, pour que l’opposition gagne, c’est mieux que beaucoup de partis puissent aller aux élections au premier tour.

Et au deuxième tour, qu’on puisse s’entendre avant pour dire que le premier qui passe parmi les opposants que tout le monde soit derrière lui pour battre le candidat du pouvoir.  Mais, au premier tour, s’il n’y a pas beaucoup de partis, il pourrait organiser le coup chaos. En ce moment, il n’y a pas de deuxième tour.  Mais, il faut qu’on s’entende bien avant”.