Mamady Touré aux acteurs politiques : « Personne n’a intérêt à ce que la Guinée prenne feu »

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En prélude à la présidentielle prévue pour le 18 octobre courant, le ministre des Affaires étrangères et des Guinéens de l’Etranger a rencontré le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis, les diplomates africains, maiq aussi ceux de l’Union européenne, en début de week-end.

Dans un entretien accordé à Guineenews, Mamady Touré revient sur les temps forts de ces différentes audiences, rappelle la motivation qui a prévalu à leur initiation et en appelle aux discours responsables pour éviter le chaos à la Guinée. Lisez !

Guinéenews©: Vous venez de rencontrer successivement le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis, les diplomates africains, ainsi que les ambassadeurs de l’Union européenne en poste àConakry. Qu’est-ce qui a motivé cette démarche ?

Mamady Touré : C’est pour des échanges avec les partenaires pour qu’ils comprennent le processus électoral, les dispositions prises par le gouvernement et aussi les partenaires comme la Cedeao. Vous n’êtes pas sans savoir que la Cedeao avait déployé des experts qui ont travaillé avec la Ceni sur le fichier. Et au bout de leur mission, ils ont déclaré que le fichier est satisfaisant. Ça, c’est quelque chose qu’il fallait mentionner aux partenaires et aussi leur montrer le caractère inclusif de l’élection présidentielle, parce qu’on a douze candidats, y compris le président de la République et le président du principal parti d’opposition. Donc, on ne peut pas dire que ce ne sont pas des élections inclusives.

Cependant, on a tous les deux (côté guinéen et partenaire) exprimé le besoin de sensibiliser davantage la population sur les risques de violence, condamné de manière équilibrée et vérifié les messages de haine pour que ça cesse. Parce que personne n’a intérêt à ce que pays-là prenne feu. La Guinée a existé avant cette election du 18 octobre. Et elle existera après. On n’a pas besoin de brûler le pays. Et c’est un Guinéen qui va gagner. Qui que ce soit, le vainqueur, ce sera un Guinéen. Donc, c’est la Guinée qui gagnera toujours. Il n’y a pas besoin d’aller à la violence. Il n’y a pas besoin de recourir aux messages de haine, aux messages ethniques. Les Guinéens, dans leur écrasante majorité, sont contre ces messages-là.

Guinéenews©:  Le double scrutin législatif et référendaire du 22 mars n’a pas connu la participation d’observateurs internationaux. Est-ce qu’on peut s’attendre au déploiement de ces observateurs durant cette présidentielle en vue ?

Mamady Touré : Mais bien sûr ! Les observateurs de la Cedeao, il y a une équipe qui est déjà arrivée. Le reste va suivre. Et vous vous rappelerez que la Cedeao n’avait pas l’habitude de déployer des observateurs pour les élections législatives, ni les référendums non plus. Donc, ce sont eux qui ont travaillé avec la Ceni. Ils ont jugé que le fichier était satisfaisant. Ils ont déployé des observateurs. Et nous attendons d’autres observateurs encore qui seront là bientôt. Et, nous pensons que les élections se passeront dans les meilleures conditions pour que les Guinéens fassent preuve de patriotisme. Nous sommes dans une phase où on essaie plutôt de vendre son projet de société que de recourir à la violence. Et personne n’entrera à Sèkhoutouréya par la violence. On n’entrera à Sèkhoutouréya qu’en convainquant la majorité des Guinéens. Et c’est ça, l’approche du président de la République. Il convainc. Il présente son bilan. Il met son bilan sur la table pour tout le monde pour que tout le monde voie et aussi les projets qu’il a pour la Guinée dans le futur. Et sur cette base là, nous pensons que le président va remporter la victoire.

Guinéenews©: Récemment, le président de la République disait que parmi les candidats à la présidentielle il y en a qui veut s’autoproclamer vainqueur au soir du 18 octobre et aller se réfugier dans une ambassade. Est-ce que vous en avez parlé avec ces diplomates ?

Mamady Touré : On a évoqué. Je vais vous faire un rappel. Le mois dernier, je crois, lors du Sommet des chefs d’Etat de la Cedeao, il y a eu un communiqué final. Et ce communiqué était très clair : il lançait un appel à tous les acteurs politiques guinéens à respecter les lois et les institutions en charge des élections. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ce sont ces institutions-là qui proclament les résultats provisoires et les résultats définitifs. Donc, la mission conjointe qui était venue de la Cedeao, de l’Union africaine et de l’Onu, ils étaient très clairs. Ils ont dit qu’aucun candidat n’a le droit de se proclamer vainqueur. C’est la Ceni qui proclame les résultats provisoires. Et s’il y a des contestations, il y a des institutions de recours auxquelles il faut recourir et faire valoir ses griefs.