Mamou : autorités et chauffeurs de taxi à couteaux tirés sur le coût du transport Conakry-Mamou

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Suite à l’allègement des mesures de restriction prises dans le cadre de la lutte contre la propagation de la pandémie de COVID-19, les transporteurs ont été autorisés de revenir au nombre de passagers ainsi qu’aux coûts du transport avant la pandémie.

Cette décision ne semble pas être du goût des chauffeurs qui pratiquent la ligne Mamou-Conakry. Pour exprimer leur désaccord, ils ont tout simplement décidé de garer leurs véhicules.

Avec l’allègement des restrictions, le prix du transport pour les passagers sur le tronçon Mamou-Conakry a été revue à la baisse en passant de 150 000 à 70 000 GNF. Les conducteurs de taxi n’entendent pas respecter ce tarif. Sous le sceau de l’anonymat, certains automobilistes que Guinéenews a rencontrés à la gare routière invoquent plusieurs raisons pour justifier ce maintien de l’ancien coût.

« Actuellement avec l’état de dégradation de la route, la consommation du carburant a augmenté de 25 à 35 litres. On roule pendant 8 à 9 heures du temps avec la première et la deuxième vitesse. En plus, il y a 11 barrages (checkpoints) qui sont installés sur le long du trajet. Partout, les agents demandent 5000 ou 10000GNF pour la levée du barrage« , nous confie un chauffeur.

A un autre d’ajouter :  » dès qu’un chauffeur fait le plein de passagers à la gare, il paye le droit d’embarquement, les autres chauffeurs chômeurs lui tendent leurs mains. Au minimum, il va laisser à la gare 50000GNF. Arrivé à Conakry, il doit obligatoirement aller pour un entretien chez les mécaniciens où il va dépenser les 150000GNF« .

Les chauffeurs demandent à ce qu’on fixe le tarif de transport pour Conakry à 100000GNF avec 8 passagers au lieu de 9.  » Au lendemain de l’annonce par le Président de la République sur l’allègement des mesures, les chauffeurs pour les différentes villes se sont retrouvés autour des syndicalistes à Conakry pour une diminution générale. Pour Mamou, ils ont arrêté le tarif à 100000. Pour Labé, ils ont fixé à 170000 ainsi de suite. Actuellement pour celui qui quitte Conakry pour Mamou, il paye 100000« , précise cet interlocuteur.

La mairie de Mamou qui a contractualisé l’exploitation de la gare routière avec la CNTG est catégorique sur le respect du tarif à 70000GNF.   » Avant la pandémie, on payait 70000 pour Conakry, les chauffeurs prenaient 9 passagers. Pour éviter la propagation du virus, le nombre de passagers a diminué de 6. Les chauffeurs ont fixé le tarif à 150000. Maintenant que le président a autorisé de revenir à la situation habituelle, alors le tarif du transport doit aussi revenir à 70000« , martèle Elhadj Amadou Tidjane Diallo, le maire de la commune urbaine de Mamou.

Les chauffeurs pour contester cette décision, ont préféré immobiliser leurs véhicules et empêcher tout embarquement à partir de la gare. Les passagers à destination de Conakry sont à la merci des automobilistes clandestins.