Manifestation de l’opposition empêchée à Kankan: l’UFR et l’UFDG dénoncent les cas de violences

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Les membres du Front national pour la défense de la Constitution (Fndc) s’étaient réunis au centre-ville de Kankan ce mardi 30 avril pour exprimer leur opposition au projet d’un éventuel troisième mandat pour Alpha Condé en 2020. Un attroupement qui a vite viré aux violents heurts suivis d’interpellations dans les rangs des organisateurs qui, nous apprend-on, sont issus des partis politiques d’opposition, dont l’UFDG, l’UFR, le BL et le PADES.

Selon le responsable de la Communication de l’Union des forces républicaines, ces membres du FNDC ont tout d’abord déposé une lettre d’information au niveau des autorités préfectorales et communales pour la tenue de leur manifestation.

« Et aujourd’hui, à leur grand étonnement, ce sont des militants du RPG Arc-en-ciel qui débarquent à leur siège, entretenus par un certain Taliby Dabo, cadre zélé du RPG pour les agresser, les violenter. Le tout cautionné par des agents de la Police et de la Gendarmerie qui sont partis prendre certains et les envoyer au Commissariat pour les coffrer », regrette Ahmed Tidiane Sylla.

Dans cette agression, poursuit-il, beaucoup ont été blessés. « Vous avez vu des images. Certains ont des habits complètement déchirés. Et d’autres ont eu des coups sur le visage, sur la tête, etc. A l’instant où je vous parle, il y a le Secrétaire général de la jeunesse de l’UFR de Kankan, Mamoudou Condé, qui est toujours détenu », nous confie le communicant, tout en précisant que certains ont été relâchés peu après leur interpellation.

De cette démarche, le parti de l’ancien Premier ministre Sidya Touré dresse son regard: c’est celui d’une « atteinte à la liberté d’opinion, dans la mesure où si d’aucuns peuvent manifester dans telle ou telle localité pour dire oui au troisième mandat, mais pourquoi l’autre partie du peuple ne peut pas dire non au troisième mandat? ».

« Nous dénonçons cela et nous exigeons la libération du Secrétaire général de la jeunesse de notre parti, et par ailleurs grand militant du Fndc », s’est lâché Ahmed Tidiane Sylla.

A sa suite, le coordinateur de la Cellule de la Communication du principal parti d’opposition déclare qu’avec ces pratiques d’une autre époque, le peuple assiste à des intimidations orchestrées par les extrémistes du gouvernement qui essaient d’effrayer, de brutaliser et d’arrêter tous les citoyens guinéens qui sont contre toute idée de modification de la Constitution. « Mais ils n’arriveront à bout de leur détermination », prédit l’honorable Ousmane Gaoual dans une interview téléphonique

« Les Guinéens, dans leur écrasante majorité, ne veulent pas entendre parler de modification de la Constitution, encore moins, de pérennisation du système d’Alpha Condé qui a fait du mal à la population guinéenne, qui a fait du tort à la Guinée aussi bien dans ses valeurs, parce que la corruption, la violence, l’impunité et l’injustice ont pris le dessus sur toutes les autres valeurs de notre société. On ne veut pas laisser perpétuer ce système décadent. Et donc, les Guinéens, qu’ils soient à Kankan, à Conakry, à Nzérékoré ou partout ailleurs, se dresseront contre ces révisionnistes de mauvais augure et nous ferons en sorte que notre volonté puisse triompher », affiche Ousmane Gaoual Diallo.

Au sujet du nombre de militants de l’Union des forces démocratiques de Guinée arrêtés dans cette affaire, notre interlocuteur laisse entendre que les structures du parti vont lui remonter des informations au fur et à mesure.

« Mais les concitoyens, qu’ils soient militants ou non, qui s’opposent à cette idée de modification de la Constitution, vont trouver au sein de l’Ufdg des protecteurs, des défenseurs, et plus largement au sein de la Société civile guinéenne et de l’ensemble des partis politiques d’opposition. Donc, c’est un mouvement d’ensemble qui est en train, petit à petit, de prendre racine pour entendre raison à qui de droit », conclut M. Diallo.