Manifs anti délestage et pénurie d’eau à Dabola: plusieurs jeunes interpelés et transférés à Faranah

février 20, 2019 10:31

De violentes manifestations ont été enregistrées les 18 et 19 février à Dabola. Suite au manque d’eau dans les robinets de Dabola, les citoyens sont sortis dans les rues pour manifester leur colère. Sayon Traoré, qui est l’un des responsables de la jeunesse de Dabola, a été arrêté et transféré à Faranah.

Selon nos informations, les jeunes revendiquent le dragage du barrage hydroélectrique de Tinkisso qui est sérieusement ensablé aujourd’hui, le départ du directeur de l’agence de la SEG de Dabola. Car l’eau est devenue rare à la pompe. Pire, celle qui vient à la pompe serait de mauvaise qualité. A cela, il faut ajouter la hausse des factures d’eau.

« Les citoyens de Dabola ont manifesté le lundi parce qu’il n’y a pas de courant et la mauvaise qualité de l’eau qui coule des robinets. Alors qu’ils paient chaque mois les factures de courant et d’eau qui sont d’ailleurs revues à la hausse», a indiqué Mamady Sylla, joint au téléphone par Guineenews©.

Selon ce témoin, plusieurs personnes ont été arrêtés et transférées à Faranah : « ils ont fait appel à la gendarmerie de Faranah pour appuyer celle de Dabola. Ils ont bastonné les gens et arrêter plusieurs jeunes et les ont transférés à Faranah.»

Le 19 février, les jeunes se sont de nouveau mobilisés afin d’obtenir la liberté de leurs amis incarcérés à la gendarmerie de Dabola. Là aussi, des renforts sont venus de Mamou. Des heurts entre forces de l’ordre et jeunes manifestants ont été enregistrés.

«Il y a eu beaucoup de dégâts. Des manifestants ont endommagé les pick-up des gendarmes. Et ce soir, ils arrêtent les gens comme ils veulent. On te voit au bord de la route, on t’arrête.  Jusqu’à 19h, les forces de l’ordre étaient dans les quartiers en train de lancer des gaz lacrymogènes. Ils ont même lancé des gaz à l’intérieur de notre cour ici », a expliqué Mamady Sylla,  ajoutant que les locaux de la Société des Eaux de Guinée (SEG) ont été fermés par les manifestants.

« Les manifestants sont venus au niveau de ces sièges pour les fermer. Ils ont dit aux travailleurs qui étaient là-bas de sortir et qu’ils vont fermer. Ils n’ont rien cassé, parce qu’ils disent que s’ils gâtent quelque chose c’est un bien de Dabola qu’ils ont gâté. Donc, ils ont besoin du départ du directeur de l’agence de la SEG », a-t-il précisé.

Joint au téléphone pour avoir ses réactions sur ces incidents et accusations des jeunes frondeurs, le préfet de Dabola nous a raccrochés au nez dès que nous nous sommes présentés à lui.