Manifs contre la hausse du prix du carburant : Cellou hausse le ton et promet de s’y mêler

juillet 29, 2018 2:10
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Manifester contre la hausse du prix du carburant ne sera plus la seule affaire de la société civile et des syndicalistes. Désormais, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) compte y participer. L’annonce a été faite par le président dudit parti, Cellou Dalein Diallo, ce samedi 28 juillet.

A l’entame de son intervention devant ses militants, Cellou Dalein a fustigé l’interdiction générale des manifestations par le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, avant d’annoncer que son parti se mêlera désormais aux manifestations : « Le droit de manifester est consacré, le droit de grève est consacré. Aujourd’hui, l’objectif du gouvernement, c’est de supprimer tous ces droits et toutes ces libertés pour que la dictature totale s’instaure dans notre pays.  Jusqu’à présent, on ne s’est pas mêlé ; mais, maintenant on va se mêler. Nous n’allons pas accepter que le droit de manifester, de s’exprimer soit retiré au peuple de Guinée. C’est un droit conquis de hautes luttes. Des violences ont été exercées sur le syndicat. On les a battus, on a gâté leurs véhicules, on a arrêté des syndicalistes et des acteurs de la société civile à Conakry et à Labé alors que ceux-ci n’étaient qu’en train d’exercer un droit constitutionnel. Est-ce que nous allons rester assis et les laisser faire ? Non. Cette crise est aujourd’hui aggravée encore par la restriction des libertés, les violations récurrentes de la constitution par le gouvernement qui, pour trouver des alibis, estiment que l’ordre public est incompatible avec l’exercice des libertés. Ce n’est pas possible. Nos libertés ont été chèrement acquises ».

Pour Dalein, ce que les syndicalistes et les acteurs de la société civile sont en train de vivre, toucheront les acteurs politiques s’ils ne se lèvent pas dès maintenant : « Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit parce que je n’étais pas communiste. Lorsqu’ils sont venus enfermer les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit parce que je n’étais pas social-démocrate. Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit parce que je n’étais pas syndicaliste. Lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. Alors, si nous restons indifférents, nous devenons complices de ce gouvernement. Nous devons nous mobiliser pour que nos droits et libertés soient respectés[…]. Nous sommes restés plus ou moins à l’écart en laissant le soin à chaque citoyen de prendre part à ces manifestations. Mais si leurs droits sont violés, comme c’est le cas aujourd’hui, nous serons avec eux partout où ils seront pour exiger le respect des droits de tous les citoyens guinéens

Le ton est donc donné. Mais pour l’instant, il n’y a pas de manifestations programmées.