Manifs du 9 août: voici la nouvelle exigence de Dalein qui va corser ses revendications

août 4, 2018 11:42
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S’il n’y a aucun cas de force majeure enregistré dans le calendrier électoral initial, la Guinée organisera l’élection présidentielle en 2020. Et déjà, le chef de file de l’opposition guinéenne accuse le président Alpha Condé de « passer par tous les moyens pour empêcher l’alternance » à cette date.

A l’occasion de l’assemblée générale de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de ce samedi 4 août, Cellou Dalein a justifié les raisons de la manifestation programmée pour l’opposition le jeudi 9 août prochain.

Le président de l’UFDG a d’abord expliqué qu’il n’y a pas d’avancée dans l’application de l’accord politique du 12 octobre 2016, mais aussi de l’engagement du président de la République pris devant lui le 2 avril dernier à l’occasion de sa visite au palais Sékhoutoureya. C’est notamment, l’identification des présumés meurtriers des manifestants, l’assistance financière aux familles des victimes ou la détention des responsables et militants de l’opposition arrêtés lors des  récentes violences postélectorales.

«Nous avons encore 96 camarades qui croupissent encore dans les prisons de façon injuste. Pour certains, c’est parce qu’ils ont demandé la publication des vrais résultats des élections locales. Ibrahima Sory Camara est toujours en prison. C’est une campagne d’intimidation des militants de notre parti », a-t-il indiqué, avant d’ajouter que l’opposition « a cherché des solutions négociées », mais les lignes n’ont pas bougé.

C’est à cause de toutes ces raisons que les manifestations vont reprendre à partir du jeudi 9 août : «nous avons décidé de reprendre les manifestations le jeudi prochain. Il faut que vous soyez mobilisés. Il faut que nous nous battions pour la Guinée, pour la démocratie, le respect de nos droits et libertés. Il faut qu’on se mobilise et qu’on empêche la volonté du gouvernement de priver nos libertés, d’empêcher l’exercice, par les citoyens guinéens, le droit constitutionnel de manifester au niveau des espaces publics et dans les rues. […] Nous ne voulons plus gagner dans les bureaux de vote et perdre dans la centralisation. Ils ne se limitent pas seulement à interdire. Ils sont équipés pour empêcher l’exercice de ce droit constitutionnel qui est d’organiser des manifestations. »

Plus loin, Cellou Dalein lance une alerte aux Guinéens : « Peuple de Guinée, mobilisons-nous pour défendre nos libertés, nos droits. La dictature est en train de s’instaurer. Si on ne se mobilise pas, on ne pourra plus exercer aucun droit, ni choisir nos dirigeants, ni manifester. Alpha veut passer par tous les moyens pour empêcher l’alternance en 2020. Ça ne marchera pas. C’est le moment de se mobiliser […]. »

Donc, la manifestation du jeudi ne vise pas seulement la publication « des vrais résultats » des élections ou appliquer l’accord politique du 12 octobre 2016. Elle viserait aussi 2020.