Manœuvres militaires russo-sino-Mongoliennes : phobie ou raison de la peur d’une déflagration ?

septembre 12, 2018 12:46
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La bipolarisation a changé de coche. Les démonstrations de forces vues ne sont pas exhaustives. Si les télévisions occidentales ont montré ce que la Russie a daigné laisser montrer, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. On n’a rien vu des Mongols, de la Chine, de la Corée du nord, de l’Iran et de la Syrie, des cachottiers en stratégies militaires. Les spécialistes ne diront pas le contraire. N’eût été Vanunu, personne ne savait qu’Israël avait la bombe A depuis les années 70…

La raison de ces démonstrations de forces est évidente. Même si les déclarations à mots choisis ne sont pas musclées et belliqueuses, elles laissent sous-entendre que cette « nouvelle coalition » ne fait pas ces manœuvres pour un simple exercice, mais c’est pour accorder les violons, en prélude à quelque chose de grand.

Cela n’augure rien de bon, d’autant que l’OTAN, en face, est dans une déliquescence qui ne dit pas son nom, en plus qu’elle a perdu le réflexe. Les manœuvres conjointes de cette « nouvelle coalition » la réveillent en sursaut et la prennent au dépourvu. On espère se tromper, mais les démarches de Donald Trump, obnubilé par l’économie, l’a déconcertée profondément, au point que Emmanuel Macron avait déclaré que la guerre froide n’existe plus, l’Europe doit assumer sa propre défense, c’est dire à quel point l’OTAN n’était point du tout préparée à cette nouvelle donne.

Y a-t-il raison d’avoir peur ? Oui et non. Idleb risque d’être comme ou plus que Sarajevo, la cause de la boucherie de la première guerre mondiale. Idleb sera la cause de l’irréparable pour l’humanité, au cas où. Si l’Occident tient coûte que coûte à imposer le changement en Syrie pour y asseoir son influence, inévitablement, il y aura une opposition des forces. C’est une évidence.

La libération du dernier bastion occupé par les rebelles et les djihadistes est un impératif pour les alliés de Bachar Al-Assad, les Occidentaux s’opposent au dernier assaut par des mises en garde et par des menaces sur l’emploi des armes chimiques, une prévention qui ressemble à celui qui veut tuer son chien et qui l’accuse de rage. A cela, la  «nouvelle coalition » s’attend à ce que ceux qui ont envie de créer la zizanie pour le chaos balance une arme chimique sur Idleb pour lui faire porter la responsabilité.

Le schéma est clair : toute frappe occidentale sur la Syrie sera répondue, d’où ces manœuvres de Vostok. Les différents membres de cette « nouvelle coalition » ont une raison fondamentale de se jeter dans la mêlée : la Russie n’a pas envie de voir la Syrie glisser entre ses mains. La Chine n’a pas envie de terminer sous les sanctions économiques de Trump avec au bout un dérapage militaire possible, elle prend les devants. L’Iran n’a pas envie de succomber aux sanctions à cause de son nucléaire. Et ce qu’il faut encore ajouter à la farandole, c’est que la Corée du nord ne restera pas inactive pour peu que la mêlée se déclenche… Idleb pourrait être un autre Sarajevo si, entretemps, Bachar Al-Assad était assassiné ou tué comme François Ferdinand, l’archiduc héritier d’Autriche.

Dans cette délicate affaire, c’est la position de la Turquie qui reste à déterminer. Elle a un pied en dehors et un pied en dedans de l’OTAN, elle a des accrocs avec l’Europe et avec Donald Trump, les gros bras de l’OTAN, et elle est contre l’assaut final d’Idlib, elle veut en découdre avec les Kurdes, ses ennemis traditionnels, qui sont des alliés précieux dans la lutte contre l’EI et contre Daech pour les deux camps en face. Placée au milieu, elle ne sait où donner de la tête et elle ne peut pas rester en marge des affaires s’il y a embrasement.Et dans toute cette affaire, que peut l’ONU ?

Antonio Guterres dans le rôle de Kofi Annan, auquel le Ghana rend un hommage digne au plus grand Ghanéen et Africain, sur le plan international. Il y a bel et bien une raison d’avoir peur d’un embrasement. Et si l’humanité a assez vécu ?