Mansaré après la dispersion de leur marche: «la démocratie guinéenne est en train devenir un monstre»

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Après avoir pris une forte dose de gaz lacrymogènes ce vendredi 17 août, Mamadou Mansaré, Secrétaire général adjoint de la CNTG et par ailleurs, porte-parole de l’inter centrale syndicale CNTG-USTG, a crié victoire. Il a réitéré son engagement de se battre au prix de sa vie pour donner le bonheur au peuple de Guinée. «La marche d’aujourd’hui a été une grande victoire», s’est-il réjoui.

«Nous avons démontré aujourd’hui à la face du monde que le mouvement syndical n’est pas corrompu comme le pensent certains. Nous allons continuer à nous battre pour le bonheur de ce pays au prix de notre vie. Le contrat de concession du Port Autonome de Conakry (PAC) n’est pas à l’avantage de la Guinée. Pour une durée de 25 ans, ce sont les Turcs qui percevront les taxes. La Guinée n’a que 18% et les restes des 82% reviennent aux Turcs», a-t-il dénoncé.

Dans la même logique, Mamadou Mansaré a souligné que dans le budget national, il y a des régies qui n’y figurent pas comme le Port Autonome Conakry.

«Les 400 milliards de francs guinéens du PAC sont bloqués dans un compte à la Banque centrale. C’est cet argent qu’on doit remettre aux turcs pour 25 ans. Alors que la vision pour développer les installations du PAC ne prévoyait que seulement besoin que deux ans. La preuve, la gestion du PAC s’est performée dans ces derniers temps. Ce qui veut dire que nous ne sommes pas dans une urgence pour faire venir quelqu’un», a-t-il révélé.

Selon Mamadou Mansaré, la démocratie guinéenne est en train devenir un monstre. «Nous avons organisé cette marche de la colère pour dénoncer ce qui se passe dans ce pays. Notre démocratie pour laquelle nous nous sommes battus, pour laquelle nous avons payé un lourd tribut en 2007, est en train de devenir un monstre. Notre objectif était de nous rendre au siège de l’Assemblée nationale pour remettre à son président un document de trois pages. Dans ce document, nous dénonçons tout ce que nous avons constaté comme tares dans la gouvernance dans ce pays. Le bail illicite du Port Autonome de Conakry jusqu’aux dépenses illicites qui sont dans le budget national. La passation des marchés de gré à gré et même les divisions ethniques. Ce matin, nous avons été  empêchés par une armada de gendarmes qui nous ont gazés. La rentrée du palais du peuple a été complètement barricadée par les forces de l’ordre…», a-t-il expliqué.