Marche du 9 août: l’opposition déterminée à braver l’interdiction

août 7, 2018 6:13
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En prélude à la marche pacifique prévue pour le 9 août prochain, l’opposition républicaine a animé cet après-midi une conférence de presse à Conakry pour expliquer les raisons qui la poussent à reprendre la rue. Il y avait à cette rencontre le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, le président du Bloc Libéral, le Dr Faya Millimouno, Ahmed Kourouma de GRUP, Hadja Fatou Bangoura, etc.

A l’entame, le président du BL a estimé que l’opposition est « victime de mépris et d’arrogance de la part du pouvoir ». Avant d’évoquer les raisons pour lesquelles l’opposition compte marcher pacifiquement ce jeudi.

Selon le Dr Faya Millimouno, l’opposition républicaine ayant constaté et avec regret que le pouvoir retarde délibérément l’application de l’accord politique du 12 octobre 2016 et du communiqué qui a sanctionné la rencontre du président de la République et du Chef de file de l’opposition, elle décide de se faire entendre.

A cet effet, elle « dénonce les ‘’violations récurrentes de la constitution et des libertés fondamentales’’.  Au nombre des violations de la constitution et des dispositions non encore appliquées de l’accord politique du 12 octobre 2016 dont la responsabilité incombe totalement au gouvernement, les opposants ont cité: ‘’le refus obstiné du gouvernement  et de la mouvance présidentielle de trouver une solution juste et équitable au contentieux électoral depuis plus de six mois, l’interdiction des manifestations et cortèges pourtant consacrés à l’article 10 de la constitution ; l’arrestation et la détention arbitraire de plusieurs militants de l’opposition républicaine, l’usage courant d’armes à feu dans les opérations de maintien d’ordre avec comme conséquences la mort de 94 militants par suite de tirs à balles réelles,  le refus des autorités d’encourager des poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs et commanditaires de ces crimes, soutenant ainsi à dessein une impunité totale qui encourage la récidive, le retard pris par le gouvernement dans l’application des mesures d’indemnisation des victimes des manifestations de l’opposition, la non mise  en place de la Haute Cour de Justice en violation des dispositions de la constitution et des accords politiques et malgré le rappel à l’ordre de la Cour constitutionnelle, la violation systématique des principes constitutionnels de neutralité de services publics et la fermeture totale des médias des services publics aux sensibilités politiques non favorables au pouvoir’’.

Ainsi, pour protester contre ces manquements cités ci-haut, l’opposition républicaine décide d’organiser une ‘’marche pacifique’’  ce jeudi 9 août 2018 sur l’autoroute Fidel Castro.

Cette marche, disent-ils, partira du Carrefour Yimbaya-Tannerie, en passant par l’aéroport-carrefour Kénien-rond-point Belle-vue jusqu’à Dixinn Terrasse où il sera organisé un meeting d’informations et de sensibilisations à l’intention des militants de l’opposition républicaine.

Par conséquent, Cellou Dalein Diallo et Cie invitent leurs militants et sympathisants et tous les Guinéens épris de justice à se mobiliser pour répondre au mot d’ordre  de manifestation pacifique ce jeudi 9 août.

L’opposition républicaine a également dénoncé la «dérive très grave que nous avons constatée, ces derniers temps, qui consiste à confisquer nos droits et libertés [qui pourtant] trouve la réplique  ou la solution dans la constitution en son article 21 ».

Pour elle, «le gouvernement actuel est  clairement dans la voie d’implanter la tyrannie dans notre pays.  Vous avez suivi le 23 juillet, le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, opposer la loi à l’ordre public comme si on pouvait faire un choix entre la loi et l’ordre public. Il a préféré l’ordre public.»

« Nous lui disons simplement que c’est le respect de la loi par tout le monde, y compris par le président de la République et lui-même qui permet d’établir l’ordre public», conclut le Dr Faya Millimouno.

Pour sa part, le Chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, a prévenu que les opposants ne vont pas « obtempérer » aux décisions prises par le gouverneur de la ville de Conakry et le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation. Mais, précise-t-il, « l’opposition privilégie le dialogue et la concertation ».