Mariage précoce en Guinée : 46% des femmes de 20 à 49 ans ont été mariées avant 18 ans en 2018 (EDS 2018)

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Le mariage d’enfants reste une réalité en Guinée. Mais la pratique suit une tendance baissière. Selon l’Enquête démographique et de santé (EDS 2018), 46% des femmes âgées de 20 à 49 ans ont été mariées avant 18 ans, contre 54% en 2016 (MICS 2016).

Les acteurs impliqués dans la protection des enfants se disent conscients de la lenteur de cette baisse et soutiennent que si des efforts ne sont pas faits, cette pratique ne sera pas éliminée dans le pays. C’est pourquoi, ce 11 décembre, un document appelé « Plan de stratégie nationale d’abandon du mariage des enfants (2021-2025) » a été remis au gouvernement guinéen.

Selon le Représentant de l’Unicef den Guinée, Pierre NGOM, la Guinée s’est dotée de plusieurs instruments juridiques visant la protection des enfants. Mais, regrette-t-il, « malgré cette volonté politique, plusieurs filles sont confrontées à des situations d’exploitation et d’exclusion sociale ou subissent plusieurs formes de maltraitance et d’abus en violation de leurs droits. Les ressources financières ne sont pas suffisamment dégagées dans les budgets nationaux et locaux pour assurer l’existence des services sociaux pour tous ces enfants. »

La ministre de l’Action sociale et des personnes vulnérables, Mariama Sylla, le mariage précoce a un impact négatif sur le bien-être de l’enfant : « En dépit des différents mécanismes ayant enclenché le dialogue au niveau communautaire sur la problématique du mariage d’enfant, il constitue en ce jour une préoccupation majeure permanente au regard de son impact négatif sur les droits et le bien-être de l’enfant. »

Dans la même logique, le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, a affirmé que le mariage précoce est un traumatisme qui suit la victime durant toute sa vie : « Les conséquences du mariage précoce sont ressenties à tous les égards. En fait il s’agit des traumatismes qui suivent la vie de la personne humaine. »

 Il a promis son soutien à la ministre de l’Action sociale et s’est engagé auprès des partenaires, de se battre pour mettre fin à cette pratique : « Nous ferons tout, c’est cela notre engagement, vis-à-vis des partenaires au développement, vis-à-vis des enfants de Guinée, rien, absolument rien, ne sera ménagé pour que le mariage précoce sorte de nos réalités. »

Selon les enquêtes, 7 filles sur 10 mariées avant 18 ans affirment avoir eu des problèmes de santé, psychologiques, relationnels. Problèmes qu’elles attribuent au mariage. Alors que dans 9 cas sur 10, les filles mariées avant l’âge de 18 ans ont abandonné l’école.