Mariama Sylla, ministre de l’Action sociale : «nous ne méritons pas d’être là si…»

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Être une personne handicapée est perçu par beaucoup de gens comme une malédiction. Pourtant, ces personnes ne sont pas responsables de ce qui leur est arrivé et ont des talents à valoriser. Au lieu de voir ce dont ces personnes sont capables de faire, la plupart des citoyens voient en celles-ci ce qu’elles ne peuvent pas faire. Cette situation dévalorisante blesse davantage le moral des personnes vivant avec un handicap.

« En jetant un regard sur la personne handicapée, la majorité de nos compatriotes ne voient que ce qui manque à la personne handicapée motrice, sensorielle et/ou intellectuelle, ce que celle-ci ne peut pas faire au lieu de se poser la question de savoir ce qu’elle peut faire. On ne voit pas la personne humaine dans toute sa dimension humaine. Ce qui contribue à dévaloriser la personne handicapée en tant qu’être humain tout simplement. Or, toute vie humaine peut être utile et les personnes handicapées bénéficient de tous les droits humains fondamentaux, au lieu de devenir une charge pour leur famille, au lieu d’être un fardeau social, elles deviennent agents de développement », a expliqué El hadj Alpha Boubacar Diop, qui est une personne handicapée, mais pourtant expert et consultant sur les questions des personnes handicapées.

Après la publication du décret portant protection et promotion des personnes handicapées, il manque les textes d’application dudit décret. Le mardi 4 décembre 2018, des cadres du ministère de l’Action sociale, du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, des organisations faitières des personnes handicapées se sont retrouvés à Conakry pour valider les textes d’application du décret portant protection et promotion des personnes handicapées.

Selon le Dr Patrice Vahard, Représentant du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, la validation des textes cités plus haut cadre avec le thème 2018 de la journée internationale des personnes handicapées le 3 décembre qui est “autonomiser les personnes handicapées et assurer la participation et l’égalité”.

Abordant le sujet sur l’autonomisation des personnes handicapées, la ministre de l’Action sociale, Mariama Sylla, a fait savoir qu’en 2019, une centaine de personnes vivant avec un handicap vont trouver de l’emploi : « En 2019, près d’une centaine de personnes handicapées trouveront un emploi. Ce n’est pas du dit ça, ça existe. La construction des centres d’autonomisation et d’inclusion sociale des personnes handicapées qui s’intègrent dans le cadre du programme national d’autonomisation des personnes handicapées est une réalité. Les fonds existent. Nous avons déjà écrit au ministère de la Ville de l’Urbanisme afin qu’il nous donne des terres. »

Plus loin, elle rappelle que tout le monde peut devenir un handicapé ou en avoir dans sa famille. D’où l’importance de les traiter avec soin : « Ça me fait mal de voir les personnes handicapées traitées d’une certaine manière parce que je sais que je peux devenir une personne handicapée. Tout le monde peut avoir un handicapé dans sa famille. Il ne s’agit pas de les chasser, mais de trouver une solution de rechange en leur donnant les moyens d’existence. Les personnes handicapées constituent pour nous notre raison d’être. Si on ne fait pas notre travail, si on n’œuvre pas à ce que les conditions de vie soient améliorées c’est que nous ne méritons pas d’être à la tête de ce département. »

Selon elle, l’élaboration des textes d’application visant la promotion et la protection des personnes handicapées entre dans cette volonté d’amélioration de leurs conditions de vie : « C’est dans ce cadre que mon département a jugé l’opportunité d’élaborer une loi dont la matrice est la protection des droits et la promotion des opportunités en faveur des personnes handicapées. Mon souhait ardent est de disposer de textes qui ne se buteront pas à des obstacles insurmontables de mise en œuvre. »