Maroc: la grogne des boursiers guinéens devant l’ambassade de Guinée à Rabat

juillet 17, 2018 7:41
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Depuis quelques jours un matraquage médiatique sévit sur les réseaux sociaux, orchestré par l’association des étudiants et stagiaires guinéens au Maroc « ASEGUIM » après avoir déposé un préavis de grève le 10 juillet. (Crédit-photo, Guinée Info)

Très tôt, dans la matinée du lundi 16 juillet, les étudiants boursiers ont pris d’assaut les locaux de l’ambassade de Guinée à Rabat pour, disent-ils, revendiquer leurs droits dont une augmentation de 300% de leurs bourses évaluées à 50 dollars par mois et par étudiant. Soit une somme inférieure ou égale à 500 dirhams et ce depuis 1972.

Elites du pays, ils pensent être oubliés par l’Etat, via l’ambassade de Guinée au Maroc, qui fait la sourde oreille face à leur situation.  Ce 16 juillet, ces étudiants frondeurs, munis des pancartes sur lesquelles étaient inscrits plusieurs slogans, se sont heurtés à la présence des policiers marocains qui les a empêchés d’y accéder.

Interrogé, le chef de la commission bourse, Odia Mamadi Kaba a, quant à lui, déclaré ceci : « nous voulons une augmentation de notre bourse compte tenu des conditions de vie actuelle. C’est inacceptable que nous recevions cette somme dérisoire de 50 dollars ».

D’un air plutôt détendu M. Bah, fonctionnaire à l’ambassade de Guinée, a opté pour  une  solution négociée à cette crise. Selon lui, la meilleure solution serait de former une délégation pour aller résoudre le problème à Conakry avec les autorités de l’ONABE (Office National des Bourses Extérieures. Puisque toutes les lettres qui ont été déposées n’ont jusque là pas eu de suite logique. En attendant, venez prendre les compléments de bourse qui seront disponibles dès ce mercredi 18 juillet, a-t-il  conclu.

Quant aux organisateurs, confrontés à un réel problème de mobilisation des étudiants qui, à cause des problèmes financiers n’ont pu rallier l’ambassade comme prévu.

Ils estiment que cette proposition est tout simplement l’un des nombreux pièges habituellement tendus par les autorités. Tard dans l’après-midi, ils ont réussi finalement à assiéger l’ambassade avant que la police ne vienne les y déloger manu militari. Certains parmi eux, ont eux objets personnels endommagés.

En dépit de cette intervention policière, les étudiants insurgés étaient plus que jamais engagés à se faire entendre.

Ce mardi matin, la fronde a repris de plus belle. Comme la veille, les étudiants ont été empêchés par la police d’accéder aux alentours même de l’Ambassade.

Avec l’intervention du président de la CESAM (Communauté des Etudiants Subsahariens au Maroc), les autorités de l’ambassade ont finalement accepté d’ouvrir les pourparlers avec les étudiants grévistes.

Ces derniers, selon nos informations, n’étaient opposés à ces nouvelles discussions. Toutefois,  ils menacent de reprendre les manifestations en cas d’échec de ces négociations.

Une dépêche de Hafsatou Abass Bah depuis Maroc pour Guinéenews