Mauvaise gouvernance : Quand la Guinée sombre avec la complicité de l’opposition.

août 15, 2018 2:45
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Les scandales se répètent au haut sommet de l’Etat, sans que cela n’émeuve la classe politique, notamment l’opposition guinéenne. Le dernier scandale en date est le bradage du port autonome de Conakry, sans appel d’offres, à une compagnie turque appartenant au beau fils du président Erdogan.

Sur un sujet aussi brûlant, l’opposition guinéenne, dont les points de mire sont l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et l’UFR de Sidya Touré, garde un silence assourdissant. Peut-être plus préoccupée par le partage du pouvoir dans les mairies avec la mouvance présidentielle. En tous les cas, l’opposition guinéenne semble plus intéressée à conserver les prébendes et les avantages qu’offre le statut de chef de file de l’opposition et de Haut représentant du président de la République, qu’à s’indigner des cas de concussions les plus flagrantes au sommet de l’Etat.

Cela est d’autant plus inquiétant que l’opposition n’est pas à sa première indifférence face à des fautes commises au sommet. En effet, lorsque la ministre de l’agriculture du gouvernement actuel et le premier ministre, himself, ont été épinglés par la justice belge dans une sordide affaire de corruption, Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et toute la classe politique guinéenne, ont gardé la même aphonie.

Deux scandales qui, sous d’autres cieux, auraient suscité des enquêtes parlementaires et judicaires, ont été traités par l’opposition du pays d’Alpha Condé par une ignorance qui frise la complicité.

La Guinée doit-elle être sacrifiée sur l’autel d’un deal politique dans la perspective des joutes électorales de 2020 ? Sans être un oiseau de mauvais augure, l’avenir de ce pays ne peut être que sombre, lorsque les alternatives réelles du moment-au vu de leur score aux récentes élections nationales-, ne sont même pas choquées par les détournements de deniers publics, les corruptions avérées et autres délinquances financières.