Me Abdoul Kabèlè lance son parti politique et demande aux Guinéens de rompre avec « la mal gouvernance infernale »

octobre 17, 2018 2:18
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Le Rassemblement guinéen pour le développement (RGD), c’est la formation politique dont l’ancien ministre de la Sécurité, Me Abdoul Kabèlè Camara, vient de prendre les rênes. L’annonce a été faite ce mercredi 17 octobre dans un réceptif hôtelier de Conakry.

Le RGD que va diriger Me Abdoul Kabèlè n’est pas nouveau, même s’il n’est pas connu du grand public. C’est un parti qui a été agréé depuis le 14 avril 1992, selon son Secrétaire général, Ahmed Condé. M. Condé justifie le choix porté sur Me Abdoul Kabèlè Camara par ses expériences acquises dans l’administration. Car il a occupé le poste de magistrat des cours et tribunaux du Sénégal, bâtonnier de l’ordre des avocats de Guinée pendant quatre ans, député à l’assemblée nationale guinéenne, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’intégration africaine et des Guinéens de l’étranger, ministre délégué à la Défense nationale et ministre d’Etat en charge de la Sécurité et de la Protection civile.

Si Me Abdoul Kabèlè dit assumer le bilan des équipes gouvernementales dans lesquelles il appartenait, il affirme que c’est « le moment de de prendre d’autres directions. »

 Plus loin, il revient sur certaines de ses réalisations, notamment la relance de l’initiative diplomatique de la Guinée après des années d’inquiétudes ; la systématisation de la formation du corps diplomatique et consulaire guinéen ; la professionnalisation de la représentation internationale de la Guinée ; la réforme des corps de sécurité et défense nationale.

L’ancien ministre de la Sécurité et de la Protection civile rassure de sa non implication dans des détournements de fonds publics pendant qu’il était à l’Administration : «Dans l’épreuve du pouvoir, quand la solidarité vacillait et que le doute s’installait, nous n’avons jamais été associé ni de près ni de loin à une entreprise de détournements de deniers publics. A aucun moment, au cours de cette période, nous n’avons été mêlé à des affaires pouvant mettre en cause notre politique ou notre sens du service public. Tout au long de de ces années de responsabilité, nous avons toujours mis en avant l’intérêt général, même si parfois nous n’étions toujours pas compris. »

 Très engagé pour la présidentielle de 2020, Me Abdoul Kabèlè demande d’être rejoint par les forces vives et sociales du pays : « J’invite tous les patriotes, les forces vives et sociales à se joindre à nous pour relever ce défi au bénéficie de notre chère Guinée. »

Puis, il dénonce la mal gouvernance et les crises institutionnelles répétitives en Guinée : « Il est grand temps pour nous Guinéens de rompre définitivement avec le cycle infernal de la mal gouvernance, des crises institutionnelles quasi-permanentes qui mettent en péril la jeune démocratie de notre pays. »

Comme exemple de ces crises institutionnelles, il cite le cas de la Cour constitutionnelle dont le président Kèlèfa Sall a été destitué par ses collègues et remplacé par son vice-président. Le président de la République a tout de suite confirmé le nouvel élu par un décret. Pour Me Kabèlè, c’est une situation malheureuse que la Guinée a vécue : « Nous venons de vivre un événement malheureux au niveau de la plus haute juridiction notre pays, la Cour constitutionnelle. C’est extraordinaire. Que Dieu nous éloigne à jamais de telles situations. »