Me Pépé : « cette résolution sur les coordinations ne résout pas le problème… tout est au conditionnel »

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Me Pépé Koulémou, l’un des quatre députés qui se sont abstenus de voter la résolution sur les coordinations régionales, explique les raisons de sa décision.

Estimant que le temps qui vous était imparti pour intervenir sur ce sujet était peu, vous avez finalement décidé de ne pas parler. Est-ce que la même raison qui vous a amené à vous abstenir de voter pour la résolution ?

Il faut d’abord dire que je n’ai pas apprécié ce que le président de l’Assemblée. Le député n’est pas un sujet, mais un élu. Le député n’est pas pour dire oui. Avant de dire oui, il faut en débattre pour que ce pour quoi on va voter soit clarifié et compris par tous.

La question qui nous a été soumise à la résolution est parti du fait qu’il y a eu un problème autour des patriarches que ce soit en Basse Guinée, en Forêt ou dans les autres régions. Nous nous sommes rendu compte que le problème n’a jamais été résolu comme cela se doit. Quand un problème est posé, il faut le traiter dans la franchise. Il ne faut pas le traiter comme si on traitait une plaie infectée. C’est pourquoi d’ailleurs je me suis abstenu de voter cette résolution. Je ne l’ai pas voté parce que je vois que la mission assignée au député n’est pas en train d’être accompli correctement. Comme je l’ai déjà dit, lorsqu’il y a un problème, il faut l’en débattre. La réalité, c’est que les coordinations posent plus de problèmes que de solutions en Guinée. Aujourd’hui, il y a cinq coordinations en Basse Guinée, deux en Forêt et plusieurs dans chacune des deux autres régions. Elles sont politisées, mais en réalité elles ne sont pas institutions légales. Ces amis, des fonctionnaires à la retraite qui se cooptent entre eux pour former ces coordinations. Ces coordinations méritent donc un véritable débat. Et quand le président de l’Assemblée a finalement accepté le débat, il a donné trois minutes aux intervenants au lieu des cinq minutes prévues par la loi. Je me suis donc abstenu de parler, mais aussi de voter une telle loi.

Comment le problème devrait donc être résolue selon vous ? 

Cette résolution ne résout nullement le problème. Elle ne montre même pas la voie du règlement du problème. La résolution qui vient d’être votée ne pose même pas le problème. Par exemple, pourquoi ne pas aller à Macenta et dire la vérité aux gens. Le gouvernement peut le faire tout comme l’Assemblée peut aussi prendre une telle initiative. On pouvait aussi passer par une proposition de loi. Au lieu de ça, nous restons ici à Conakry pour rédiger une résolution. Une résolution qui ne montre même pas comment régler le problème. Ce qui est en train d’être fait ici ne peut pas régler le problème des coordinations, ni celui de la chefferie traditionnelle. Vous ne pouvez pas renier au fondateur de mon village la qualité de patriarche. Tout comme vous ne pouvez pas dire que le fils du fondateur de Kankan ne peut pas le patriarche de cette ville. En ce qui concerne les chefferies traditionnelles, la seule façon de régler le problème à mon avis, c’est de permettre à la lignée des fondateurs des villes et des villages de continuer à exercer les pouvoirs reconnus à leurs ascendants. À mon avis, c’est comme ça que le problème doit être réglé, au lieu de venir faire une résolution dans laquelle les verbes sont conjuguées au conditionnel.

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