Médias : les journalistes s’approprient les concepts ‘’Liberté de la presse et sécurité en période électorale’’    

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« Liberté de la presse et sécurité des journalistes en période électorale », c’est le thème d’un séminaire lancé ce vendredi 31 janvier à Conakry.

Dans son allocution de bienvenue, le Directeur général du centre de formation, de perfectionnement en technique de l’information et de la communication, Abdoulaye Djibril Diallo a rappelé que cette rencontre se tient à un moment particulièrement expressif de la montée intolérable des discours va-t’en guerre et des propos parfois préjudiciables à l’unité nationale et à la paix. « Dans un tel contexte, une presse libre et responsable reste la clef de voûte pour relever le défi », a-t-il déclaré.

Poursuivant, il dira que la liberté de la presse ne signifie pas absence de lois, qu’elle ne signifie pas non plus l’abus des pouvoirs publics contre les hommes des médias. « Un journaliste bien formé est celui qui sait choisir les mots. Il doit rester convaincu qu’un mot mal placé peut faire basculer la société. Le magistrat bien formé est celui qui sait interpréter les lois et qui agit avec discernement pour ne pas confondre dépénalisation de délit de presse et emprisonnement des journalistes au grand dam des acquis démocratiques. Un agent de sécurité bien formé protège le journaliste dans l’exercice de son métier. Avec 62 radios, 6 chaines de télévision, une centaine de site d’information, un réseau de radios rurales et une floraison de journaux écrits, la presse guinéenne peut s’enorgueillir de sa liberté même s’il y a eu des tumultes avec des forces de l’ordre sont enregistrées », a-t-il expliqué.

Prenant la parole, l’Ambassadeur du Royaume Uni en Guinée David Mclroy a affirmé que la Guinée traverse une période mouvante de son histoire alors qu’elle œuvre à consolider sa jeune démocratie.

« Cette année est très critique. Car, les Guinéens de tous les horizons sont appelés à élire leurs dirigeants. La liberté de presse est menacée dans le monde entier. En 2018, 98 journalistes ont été tués selon l’Observatoire de l’UNESCO. Entre 2010 et 2019, l’UNESCO a condamné le meurtre de 850 journalistes. Aujourd’hui, sur 10 meurtres contre les journalistes, 9 restent impunis. Depuis 2010, le gouvernement guinéen réalisé des progrès substantiels en matière de liberté de la presse en libéralisant le secteur et la presse privée opère librement en la subventionnant (…). En 2019, la Guinée a perdu trois places du classement mondial de la liberté de la presse de Reporter Sans Frontière (RSF), 107ème sur 180 », a fait savoir le diplomate britannique.

Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Information et de la Communication Amara Somparé a indiqué que cette rencontre regroupe, au-delà des hommes de média, ceux de la société civile, des institutions nationales ainsi quelques cadres des départements ministériels.

« Les médias et les forces de sécurité sont des acteurs essentiels pour maintenir la paix et assurer la sécurité pendant les périodes électorales et dans le contexte de conflits post-électoraux. Les médias ont un sens unique à la fois transmetteurs mais aussi, destinateurs de l’information. Ils peuvent jouer un important rôle de garde-fou favorisant la responsabilisation des acteurs et la transparente du processus électoral », a précisé ministre de l’Information.

D’après lui, cet atelier s’inscrit dans l’objectif de promouvoir et créer une culture d’élection pacifique et des processus démocratiques en Guinée dans lequel les parties prenantes, média, sécurité et justice reconnaissent leurs rôles respectifs et soutiennent les conditions idéales pour assurer leurs rôles. « Durant ces deux jours de formation, les personnes ressources vont amener plusieurs thèmes dont entre autres, la problématique et la sécurité des journalistes en périodes électorales, les techniques de collecte, de traitement et de diffusion des informations en période électorale ou encore liberté de la presse : rôle des services sécurité dans la protection des journalistes », dira le ministre Somparé.

Faut-il souligner que cette session de formation qui compte une quarantaine de participants, est organisée par le ministère de l’Information et de la Communication à travers le centre de formation, de perfectionnement en technique de l’information et de la communication avec un appui financier de l’Ambassade du Royaume Uni en Guinée. Elle s’étendre sur deux jours.