Méli-mélo électoral: L’OIF ou l’art du double langage

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Alors que son retrait annoncé du processus électoral guinéen par voie de communiqué, publié lundi sur son site internet, continue de faire des vagues dans le landernau politique africain, l’Organisation internationale de la Francophonie vient de faire volte-face par le biais de son envoyé spécial, Tielman Coulibaly, en jurant dans un entretien à  Jeune Afrique, que son institution  ‘’n’a jamais  annoncé le retrait de son soutien au processus électoral’’.  Que l’OIF aurait plutôt, juste fait ‘’des recommandations et demandé que sur les 2 490 664 électeurs qui posent problème, qu’un consensus soit trouvé entre les différents camps, l’opposition, la majorité présidentielle ainsi que les autres acteurs électoraux, la CENI et la société civile’’, pour solder le différend électoral.

Ce double discours ne peut que jeter à n’en pas douter, du discrédit sur cette organisation, perçue par ses détracteurs comme un instrument politique au service des « potentats » africains.

D’autant que dans son communiqué, l’OIF a écrit noir sur blanc, que face à ce méli-mélo électoral, elle ne pouvait plus continuer à se farcir la tâche aux côtés de la Ceni, tant qu’un ‘’consensus sur le nombre d’électeurs ne sera pas négocié par toutes les parties prenantes nationales.’’

Voilà qui est clair comme l’eau de roche. Mais que la même institution en vienne à se rétracter, après avoir pourtant dressé un tableau presque désespéré de la crise guinéenne, ne peut relever que de la politique du double langage. Quid de tous ces hourras qui avaient salué le soi-disant retrait de l’OIF de ce processus controversé ?

Maintenant que Tiéman Hubert Coulibaly et ses collègues n’arrivent pas à se déprendre de notre Ceni. Certains observateurs ont vite fait de voir dans ce revirement de l’OIF, le fruit d’une pression extérieure à l’organisation. La secrétaire générale de l’institution, Louise Mushikiwabo étant considérée à tort ou à raison comme l’ombre portée de Paul Kagamé. Cela est assez suffisant pour amener l’OIF à mettre de l’eau dans son vin.

Même si contrairement à son Premier ministre, qui semblait regretter le départ de l’OIF, dans un entretien à RFI, ce mercredi, Alpha Condé, lui, chez nos confrères du Figaro, semblait plutôt dire  « tout va bien Mme la marquise ».

Le chef de l’Etat qui refuse de descendre de sa tour d’ivoire aurait refusé de recevoir certains de ses homologues de la sous-région dont Muhamadu Buhary du Nigéria, dans le cadre d’une mission de bons offices, qui devait se dérouler ce vendredi, à 48 heures du double scrutin. Avec des risques d’altération de nos relations avec les autres membres de la cédéao.

Le directeur du protocole de la présidence a tenté de démentir l’information, mais sans convaincre.

Preuve que ce projet de nouvelle constitution est en train de rabattre l’estime que la plupart des Guinéens avaient pour l’exécutif, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Yéro Baldé a jeté l’éponge ce jeudi. Cet apparatchik du parti au pouvoir, dit ne pas se reconnaître dans la manière le pays est en train de sombrer dans des violences aveugles, autour d’une alternance qui aurait dû s’opérer de manière soft.