Meurtre de Mamoudou Barry à Rouen : les choses s’éclaircissent !

juillet 22, 2019 6:55

Admis à l’hôpital de Rouen dans la soirée du vendredi 19 juillet, Mamoudou Barry jeune doctorant guinéen et enseignant à l’université de Rouen a succombé à ses blessures après avoir été agressé par un homme dans la commune de Canteleu, Rouen. On en sait un peu plus sur les circonstances du drame et les avancées des enquêtes policières…

De sources concordantes, un homme de 29 ans suspecté d’être l’auteur du crime avait été interpellé ce lundi aux environs de 9h30 du matin par la sûreté départementale. Le site de l’agression un arrêt de bus sous vidéo surveillance et le maillot du club de foot turc Galatasaray qu’arborait l’individu ont permis de l’identifier et de l’interpeller.  L’homme serait connu des services de polices pour des affaires de stupéfiants, des cas de violences et des antécédents psychiatriques. Contrairement aux premières infos, le suspect est de nationalité turque et aurait agi de façon isolée, la piste de supporters algériens serait donc écartée, même s’il faisait allusion dans ses propos au match qui allait se jouer entre le Sénégal et l’Algérie quelques instants plus tard.

Pour l’avocat de la famille Barry Maître Jonas Haddad, il ne s’agissait pas d’une ‘’altercation’’ plutôt d’une ‘’agression’’ à caractère ‘’raciste’’ faisant allusion aux propos de l’agresseur lors de la mise à mort du sieur Barry. L’évolution de l’affaire révèle la levée de la garde à vue du suspect qui a duré moins de 48 heures comme l’exige la loi en raison de ses lourds antécédents psychiatriques. L’individu aurait été conduit à l’hôpital psychiatrique du Rouvray. Selon les médecins, son état psychologique n’est pas compatible avec la garde à vue qui serait donc suspendue. Mais l’avocat de la famille reste formel, c’est un crime « raciste » et ne veut pas commenter l’expression « mise sous curatelle renforcée » ou antécédents psychiatrique du suspect, ce qui importe pour lui est de savoir si l’homme était lucide ou pas au moment des faits. Il s’indigne plus loin en affirmant qu’il est inadmissible qu’en 2019 de surcroit en France qu’un homme se fasse tuer en raison de sa couleur de peau…

A la suite d’un communiqué du gouvernement guinéen hier soir, une délégation du corps diplomatique guinéen en France conduite par  Amara Camara ambassadeur de la Guinée en France s’est rendue au chevet de la veuve éplorée et de la famille à Rouen. Elle était porteuse d’un message, les condoléances du gouvernement ainsi que l’instruction donnée par le Président Alpha Condé pour la prise en charge des frais de rapatriement du corps de docteur Barry Mamoudou en Guinée. Parallèlement, une collecte de fonds avait été lancée sur internet par les proches du défunt, cela a permis de récolter au moins 27 810 euros au moment de la présente publication avec la participation de 1468 personnes, suivi de messages d’émotions et de soutien moral pour la famille.

En l’honneur de feu docteur Barry Mamoudou connu ni violent ni impulsif « une marche blanche » sans cri ni slogan, sera organisée par ses parents et proches ce vendredi 26 juillet à partir de 15 heures partant de l’université de Rouen où il a soutenu sa thèse au palais de justice de Rouen.