Meurtre de trois personnes à Wanindara : la Justice annonce l’ouverture des informations judiciaires

novembre 9, 2018 10:25
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Dans le souci d’informer la population sur les violences qui secouent la ville de Conakry et plus largement certaines préfectures et sous-préfectures à l’intérieur du pays, le gouvernement, par l’entremise des premiers responsables de certains départements sectoriels, a animé un point de presse ce vendredi 9 novembre.

C’était en présence du ministre d’Etat, ministre de la Justice Garde des Sceaux, de celui de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, ainsi que de leurs homologues de l’Information et de la Communication, et de la Sécurité et de la Protection civile.

D’entrée, Me Cheick Sako a eu à aborder un point luminaire avant de donner quelques éléments d’ordre judiciaire liés au concept d’Etat de droit. Selon l’ancien avocat du Barreau de Montpellier, du moment où la Guinée a un Parlement, il y a une Justice et un Exécutif, elle s’est forcément inscrite dans une logique de démocratie. « N’en déplaise aux détracteurs du régime », dit-il.

Poursuivant, le Garde des Sceaux a rappelé que le droit de manifestation est constitutionnel et qui doit obéir à des règles et principes. « Mais il se trouve que pendant ces manifestations, il y a des faits de violences graves, qui entraînent des blessés graves à la fois de la part des manifestants et des forces de l’ordre. Il y a des victimes des deux côtés », a-t-il fait remarquer.

Quid de justice pour les victimes

L’adage populaire enseigne que le mérite d’un régime se mesure par l’excellence de sa justice. Ceci dit, quel est le rôle de la justice dans ces cas de violences parfois meurtriers perpétrés sur des citoyens ? Selon Me Cheick Sako, à chaque fois qu’il y a un cas de mort ou de blessé grave, la justice a tout de suite ouvert une information judiciaire là-dessus.

« Les victimes sont avisées. Certaines se constituent des avocats et d’autres, non. Ensuite, les procédures s’enlisent. (…). Souvent, ce sont des procédures contre X. C’est-à-dire qu’on ne connait pas l’auteur de l’infraction. Ensuite, le juge fait ses investigations. La police est saisie, la gendarmerie, les OPJ (officier de police judiciaire), chacun fait son travail. Et les choses reviennent aux magistrats. Cela peut prendre des mois, voire des années. En France, les procédures peuvent durer plusieurs années. En Côte d’Ivoire à coté de nous, au Sénégal, c’est la même chose. Donc, je voulais dire solennellement que chaque fois qu’il y a mort d’homme dans notre pays, la justice fait son travail contrairement à ce qui est dit », a-t-il expliqué.

A en croire le ministre Sako, lorsqu’une information est ouverte, il appartient aux magistrats instructeurs, mais également aux parties de faire diligence. Aujourd’hui, l’opposition comptabilise le nombre de victimes issues de ses rangs à 100 personnes depuis avril 2011. Le ministre de la Justice qui regrette ces pertes en vie humaine, a indiqué que ces personnes sont issues de part et d’autre des deux camps.

« Evidemment, de 2011 jusqu’à maintenant, il y a eu plusieurs cas de morts dans les manifestations aussi bien de la part des manifestants que des forces de l’ordre.  Et dans les deux cas, en tout cas les 80% des cas, ce sont des procédures contre X qui sont instruites. Et quand c’est contre X, il faudrait arriver à identifier effectivement l’auteur de ce type d’infraction », a-t-il justifié.

Au regard de la montée vertigineuse de ces séries de violences, le ministre de la Justice a indiqué que le gouvernement prendra sa responsabilité. « On est conscient qu’on est là pour la population. On est également conscient qu’il faut absolument faire respecter la loi, que le Guinéen respecte la loi, respecte son prochain et sache qu’il n’y a pas d’exception à la non-application de la loi », précise-t-il.

Au sujet des trois derniers meurtres perpétrés contre deux civils et un adjudant de la Police, Me Cheick Sako a laissé entendre que le procureur de Dixinn, à la demande du procureur général, a ouvert des informations sur la mort de ces victimes. « Donc, les informations ont été ouvertes concomitamment », a-t-il confié.