Meurtres lors des manifestations: Cellou Dalein « ému » mais « déterminé »

novembre 3, 2018 7:00
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Les dernières personnes tuées par balles lors des manifestations de l’opposition ont été enterrées le vendredi 2 novembre au cimetière de Bambéto où elles ont rejoint d’autres victimes. Pour la première fois, le chez de file de l’opposition, n’a pas tenu de discours après l’enterrement. La raison est due à l’émotion, a-t-il dit en marge de l’assemblée générale de son parti à son siège à la Minière.

Selon Cellou Dalein Diallo, beaucoup de personnes se sont posé la question pourquoi il n’a pas prononcé de discours à la fin des funérailles contrairement aux fois précédentes.

«J’étais étreint par une forte émotion. Je ne voulais pas publiquement exposer aux militants  cette émotion. J’ai préféré partir sans prononcer mon discours habituel », a-t-il expliqué avant d’ajouter : « lorsque vous réfléchissez, vous êtes ému, c’était mon cas hier.  Je me dis qu’il y a cent guinéens arrachés à l’affection de leurs familles. Ils ont laissé des veuves, des enfants, des orphelins, des vieux parents qui souvent comptaient sur eux.»

Poursuivant, le leader de l’UFDG a regretté qu’une centaine de guinéens aient été « abattus à bout portant » par ceux-là qui étaient chargés d’assurer leur sécurité.

« Aucun d’eux n’a eu la compassion du gouvernement. On a enterré ici une dizaine de personnes le même jour, notre gouvernement, notre président ne s’est pas ému, aucune enquête n’a été diligentée,  aucune sanction même administrative n’a été prise à l’endroit de ceux qui étaient chargés la sécurité des manifestants », a fustigé l’ancien Premier ministre qui fait remarquer que si le cas de Djakaria « qui a été la première victime d’Alpha Condé avait été bien traité, des enquêtes sérieuses menées, des auteurs identifiés, déférés devant les tribunaux et condamnés  avec de la publicité pour dissuader, on ne serait pas à 99.»

 Mais, ajoute-t-il : «ceux qui font usage d’armes à feu, savent qu’ils bénéficient  de l’impunité et de la protection du président de la République. Il est responsable de toutes les violences commises à mon égard,  à l’égard de mes militants et proches.»

Il a, par ailleurs, rappelé que lors de la signature de tous les accords, le gouvernement s’est engagé à ouvrir des enquêtes afin que les coupables soient identifiés et punis. Malheureusement, cet engagement n’a jamais été respecté, déplore l’opposant.

En dépit de tout,  Cellou  Dalein et ses militants semblent être plus que déterminés pour, disent-ils, l’instauration de la démocratie dans le pays et la lutte contre l’impunité.  «Nous sommes engagés maintenant dans la résistance. Elle sera longue et difficile mais la victoire sera de notre côté. Il n’est pas question de reculer », martèle-t-il sous les ovations  de ses militants.

Pour lui, rien ne l’intimidera. «On a essayé de m’assassiner, on m’a confiné, cela ne peut pas me décourager pour la liberté, pour la démocratie et pour mes compatriotes que j’aime tous, y compris ceux du RPG parce que c’est en leur nom que le crime a été commis alors qu’ils n’en sont pour rien.»

Il a, pour finir, rappelé que le mercredi 7 novembre prochain sera consacré à une journée ville et le lendemain, c’est-à-dire jeudi,  une marche pacifique sera organisée sur l’autoroute Fidel Castro.

« On n’obtempérera pas. On ne va se soumettre aux décisions illégales qui violent la constitution de la République », a conclu l’opposant.