MGF en Guinée : les leaders religieux du pays en concertation à Kankan pour une stratégie de lutte

décembre 19, 2018 9:27

Une cinquantaine de leaders religieux (musulmans et chrétiens) avec à leurs côtés, des représentants des agences du Système des Nations Unies et de certains acteurs non étatiques impliquées dans la promotion de l’abandon des Mutilations Génitales Féminines (MGF), sont en conclave à Kankan depuis le mardi 18 décembre.

C’est le Secrétariat Général des Affaires Religieuses qui est l’initiateur de cette rencontre dont l’objectif serait d’emmener les leaders religieux à mieux s’impliquer dans la lutte contre les MGF, apprend-on.

A cet effet, la rencontre qui s’étendra sur quatre jours (jusqu’au vendredi 21 décembre) devrait découler à en croire à El hadj Aboubacar Sidiki Nabé du Bureau de Stratégie et du Développement du Secrétariat Général des Affaires Religieuses, à la mise à disposition d’une stratégie avec à la clé, une feuille de route devant permettre aux religieux de mieux œuvrer dans la promotion de l’abandon de cette pratique en Guinée.

Déjà, les religieux principalement des imams et prêtres venues des 8 régions administratives y compris la capitale Conakry, semble conscients de l’enjeu de leurs implication dans cette lutte. Mais selon eux, il va falloir associer les agents de santé et ceux de la justice pour accélérer ce processus de changement de comportement.
C’est en tout cas ce qu’ont laissé entendre El hadj Naby Laye Daffé et El hadj Thierno Boubacar Baldé respectivement des Affaires Religieuses de Coyah et de Labé.

« Grâce aux progrès de la science et de la médecine, on a compris que les MGF est une atteinte à l’intégrité physique des filles et femmes avec des conséquences assez grave sur leurs santé. D’où notre conviction à en parler pour son abandon », a indiqué El hadj Naby Laye Daffé.

C’est quasiment le même son de cloche chez El hadj El hadj Thierno Boubacar Baldé. Mais pour lui, en plus des religieux, il prône l’implication des agents de la santé et surtout des juges pour dit-il vulgariser les lois interdisant les pratiques des MGF et aussi sanctionner les contre venants.

Il faut enfin préciser que cette rencontre de Kankan visant à définir une stratégie d’implication des religieux (musulmans et chrétiens) dans la lutte contre le phénomène des MGF, intervient à un moment où son taux de prévalence en Guinée chez les filles et femmes de 15 à 49 ans, est de 96,8% selon les statistiques de 2016.