Millenium Challenge: La Guinée paie pour ses manquements démocratiques

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La Guinée n’est pas éligible au programme Millenium Corporation cette année. L’information donnée par le ministre des Investissements a été rendue publique par le ministre porte-parole du gouvernement, dans le compte-rendu du Conseil des ministres de ce jeudi 15 avril 2021.

La nouvelle est tombée comme un couperet. «Le Ministre des Investissements et des Partenariats Public-Privé a fait une communication relative à l’éligibilité de la Guinée au programme du Millenium Challenge Corporation. Il a informé que la Guinée, bien qu’ayant validé 9 des 20 indicateurs du MCC n’a cependant pas pu accéder à ce programme en raison de la perte d’indicateurs relatifs aux droits démocratiques », déclare Aboubacar Sylla. Et d’expliquer «en effet, (que) l’agence de notation américaine Freedom House, dans son dernier rapport publié le 22 mars 2021, a abaissé de deux points la note de la Guinée dans ce registre».

Et le ministre d’Etat en charge de l’enseignement supérieur d’annoncer que «le ministre a expliqué que pour inverser cette tendance, une synergie avec le Secrétariat Général du Gouvernement et les ministères en charge de la Santé, de la Justice, des Affaires Etrangères, de la Citoyenneté, de l’Education Nationale, de la Communication et de l’Autonomisation des Femmes, a été mise en œuvre en vue de renforcer la communication institutionnelle en direction du public en général et des agences de notation en particulier ».

Dans cette logique, selon Anoubacar Sylla «Il (le ministre des investissements ndlr) a énuméré plusieurs actions initiées, notamment :

–        l’élaboration de notes conceptuelles sur les droits démocratiques en faveur des ministères charge de la Sécurité, de la Justice, de la Citoyenneté et de l’Administration du Territoire ;

–        des séances de travail avec le Ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger pour établir un dispositif de communication incluant notre réseau diplomatique ;

–        l’envoi des dossiers sur le MCC à nos ambassades de Washington, Paris, Ottawa, Genève et Rome pour qu’elles donnent des informations officielles et actualisées sur les réformes entreprises en Guinée ».

La facture de la violation des droits de l’homme et des règles démocratiques.

Qu’importe la manière de la présenter cette nouvelle, ça ne change pas qu’il s’agit là de la facture de la violation répétée des droits de l’homme et des règles démocratiques dans le pays. Et le partenaire a frappé là ça fait mal. C’est donc en connaissance de cause, même s’il est difficile pour lui de l’admettre, que le gouvernement sort pour une fois du nihilisme et envisage d’agir pour changer les choses. En tout cas, cela apparaît clairement dans le compte-rendu du conseil des ministres. «Dans le but de maintenir les indicateurs acquis et obtenir des indicateurs des droits démocratiques, le ministère entend engager rapidement une série d’actions concrètes», indique le texte.

Et d’ajouter que «le ministre a souligné que l’obtention d’un programme du MCC, basé sur la notation d’indicateurs aussi transversaux, nécessite du Gouvernement la poursuite coordonnée mais aussi volontariste des réformes et, concomitamment, le renforcement d’une communication institutionnelle proactive, synchronisée et adaptée à un monde interconnecté dans lequel les infox déstabilisent les Etats et anéantissent tous leurs efforts».

 Et «au terme de l’exposé, le conseil a donné son soutien au Ministre et l’a encouragé à poursuivre le processus en vue de l’obtention de la note requise pour accéder audit fonds », rapporte le porte-parole. Sans doute conscient que l’infox n’y pas pour beaucoup que le gouvernement est plus que jamais dans le besoin.