Mise en place des conseillers communaux par région : Situation à date dressée par Bouréma Condé

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La Guinée traverse des moments de crises imputables essentiellement à la tenue des municipales le 4 février 2018. Ainsi, neuf mois après ces consultations, l’installation des élus issus de ces élections peine toujours à être définitive. En conférence de presse ce weekend, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation s’est penché sur le sujet.

D’entrée, le général Bouréma Condé a rappelé toute l’importance que revêtent ces consultations. En ce sens que celles-ci permettent aux collectivités d’avoir des hommes par elles choisis pour conduire leur destin.

« Les Guinéens se sont rendus aux urnes le 4 février, une journée globalement paisible. Nous étions tous pleins d’espoir au soir du 4 février quant à dire que la Guinée a franchi un pas dans une consultation aussi éprouvante que celle-là. En tout cas, dans l’appréhension générale des uns et des autres. Malheureusement, le 5 février, notre pays a connu des troubles violents, troubles au cours desquels, nous avons enregistré, hélas, des cas de morts. Et ce fut le début donc d’une nouvelle crise sociopolitique dans notre pays », a indiqué le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation.

Et depuis cette date, des manifestations – parfois meurtrières – sont survenues tant à Conakry que dans les villes provinciales et d’autres sous-préfectures de l’arrière-pays. Notamment autour de l’installation des élus. Quoiqu’il en soit, l’opération se poursuit sur le terrain. C’est du moins l’assurance que donne le général Bouréma Condé, qui dresse la situation entre ces lignes :

« Dans la région de Boké, sur 35 communes rurales et urbaine confondues, 35 sont installées. Ce qui fait un pourcentage de 95%. Deux restent à installer. A Kankan, toutes les communes (rurales et urbaine) confondues, vous en avez en tout 58, 52 sont à date installées. Six restent à installer. A Faranah, 42 communes rurales et une urbaine, les 42 sont installées sur lesquelles l’Ufdg a deux sièges, l’indépendant, un, le Rpg, 34 et l’Ufr, un. A Mamou, sur 36 communes rurales et urbaine, 34 sont installées, soit 94%. Deux restent à installer. A Labé, vous avez un total de 53 communes (urbaine et rurales). Et les 53 sont à date installées. Là-dessus, vous avez 47 communes de l’Ufdg et 6 du Rpg. A Nzérékoré, vous avez un total de 66 communes. Les 66 sont installées. Le Rpg en a 53. L’Ufr, une. L’Ufdg, deux. Et l’indépendant, trois. A Kindia, vous avez un total de 45 communes (rurales et urbaines confondues), 40 sont à date installées sur lesquelles vous avez 25 du Rpg, 13 de l’Ufdg et de 2 de l’Ufr. A date donc, il reste les communes de Conakry et, comme vous vous l’avez suivi, quelques deux, trois ou six dans les autres régions », a égrené l’officier supérieur de l’Armée guinéenne.

Sans pour autant donner la date butoir retenue pour l’installation des conseillers communaux restants, le ministre Condé a invité l’assistance à se livrer à un petit exercice de calcul pour se faire une idée dessus, vu que l’opération est menée à 96%, dit-il.

Toute chose qui fait planer encore le doute chez certains observateurs de la vie politique du pays. Car, au regard du retard constaté dans la publication des résultats de la commune de Matoto, à Conakry, nos confrères de Jeune Afrique avaient tendu leur micro au président de la CENI, Me Salifou Kébé, qui a justifié cette situation par le fait que Matoto soit « une région montagneuse, enclavée, où il y  a des iles, avec des hippopotames, et donc difficile d’accès ».

En racontant ce « mensonge de l’année », le président de l’organe de gestion des élections et référendums en Guinée ne se rendait certainement pas compte qu’il était interrogé par un compatriote qui connait bien la Guinée, et par ricochet, Conakry.