Mise en route de l’AGUISER en Guinée : une avancée dans le renforcement de la sécurité routière

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Par un décret en date du 29 septembre dernier, le Chef de l’Etat a nommé le directeur général de l’AGUISER (agence guinéenne de sécurité routière) et son adjoint. La création de cette même agence remonte à dix mois plus tôt, par un autre décret, (n0 052 du 31 janvier 2019). C’est Dr Younoussa Koїta qui est investi dans les fonctions de directeur général. Ce haut cadre a été successivement, au sein des départements des transports, commerce, TP, tourisme, télécommunications et environnement, coordonateur d’étude du secteur des services, coordonnateur de projet sectoriel des transports, directeur général du bureau d’études et de planification, directeur général du bureau de stratégie et de développement, conseiller chargé des transports, directeur national des transports terrestres, conseiller économique du Ministre d’Etat aux Transports.

Quand on sait la place communément réservée aux questions de prévention et de sécurité routière, on comprend bien que la création de cette nouvelle institution ait été longue à obtenir. Beaucoup d’efforts et de patience ont été nécessaires pour réussir à convaincre de la nécessité de sa création.

En rappel, pour faire aboutir cet important projet, le Ministre d’Etat, appuyé en cela par les départements en charge des forces de défense et de sécurité, avait eu les arguments qu’il faut dans son exposé des motifs en conseil interministériel. Il avait, entre autres, soutenu que « cette disposition s’inscrit dans le cadre de l’application d’une recommandation des Nations Unies et de l’UA. Pour le premier cas, c’est l’Assemblée Générale des Nations Unies qui a adopté en mars 2010, la résolution 64/255 proclamant la décennie 2011-2020, décennie  d’action pour la sécurité routière. L’objectif final étant de multiplier les activités de prévention au niveau national, régional et mondial afin de stabiliser puis réduire dans le monde entier le nombre de morts dus aux accidents de la route. L’année suivante, en novembre 2011, la deuxième conférence sur la sécurité routière en Afrique, tenue à Addis-Abeba a adopté le plan d’action de la Décennie pour la Sécurité Routière en Afrique qui recommande à tous les Etats de mettre en place une structure de coordination et de gestion des actions relatives à la sécurité routière.

La mise en œuvre des recommandations de ces deux institutions supranationales a conduit au lancement d’une étude d’un Plan National de Sécurité Routière dont l’une des conclusions proposait encore, la mise en place d’une agence spécialisée dans la prévention des accidents.

S’y est ajoutée quelques temps après, la survenue, le 6 mai 2017 à Yorokoguiya, préfecture de Dubréka, d’un grave accident de la circulation routière qui avait fait 38 morts et plusieurs blessés graves. Réagissant à cette tragédie, le Chef de l’Etat avait dès lors, instruit que soient organisés les Etats Généraux de la Sécurité Routière, sous la présidence du Premier Ministre.

Cette activité, de portée nationale, avait regroupé les représentants de tous les intervenants dans le domaine de la sécurité routière en Guinée, conformément aux cinq (5) piliers du plan africain de la décennie d’actions qui sont : la gouvernance, les infrastructures routières, la sécurité des véhicules, la sécurité des usagers et les soins post-accidents.

Ces Etats Généraux de la Sécurité Routière avaient également mis un accent particulier sur la nécessité de la mise en place de cet organe en charge de la Sécurité routière, à l’image de tous les Etats  Africains et placé sous la tutelle technique du Ministère en charge des transports. »  

Ces argumentaires appuyés par des statistiques exhaustives des accidents que notre pays enregistre chaque année, ont sans doute contribué à convaincre et à influencer la décision finale. En plus, à toutes les échelles de réflexion et de décision, la recommandation invitant à créer cette agence a toujours été unanimement partagée. L’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion de la sécurité routière l’ont toujours souligné avec insistance. Tout cela a dû motiver le gouvernement à faire aboutir le projet.

Il est heureux que cet objectif soit aujourd’hui atteint. Sa mise en œuvre  laisse  augurer, dans le court terme, une amélioration sensible de la sécurité routière. En même temps elle permet à notre pays d’être à jour, par rapport à ses engagements internationaux.