Mission de la CEDEAO à Conakry : Ce que Dalein a dit à la délégation

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Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition guinéenne. Thierno Souleymane Diallo/Guinéenews.

Au sortir de sa rencontre avec la mission de la CEDEAO (communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) à Conakry ce lundi soir, c’est Cellou Dalein Diallo qui s’est prêté aux questions des journalistes au compte des l’opposition politique. A l’occasion, le président de l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a fait récapitulatif des griefs de l’opposition contre le pouvoir. Guineenews© vous propose in extenso les propos du chef de file de l’opposition. Lisez !

« La mission de la CEDEAO nous a indiqué qu’elle était là dans le cadre de l’expression d’une solidarité avec la Guinée et d’une évaluation de la situation sociopolitique. Comme vous le savez, nous les membres du FNDC et de l’opposition, on est habitué à cet exercice, de donner les sources de conflits. Ce qui nous oppose au gouvernement et qui est à l’origine de la crise qui sévit aujourd’hui. Nous leur avons expliqué pourquoi nous avons ce conflit aussi bien par rapport au référendum que par rapport aux élections législatives. Par rapport au référendum, on a rappelé que la constitution actuelle qui a fait l’objet d’un large consensus a pris soin d’introduire la limitation des mandats, et surtout de verrouiller les dispositions relatives au nombre et à la durée du mandat. Tout comme la laïcité, la forme républicaine de l’État…Monsieur Alpha Condé, à huit (8) moi de la fin de son second et dernier mandat décide de changer de constitution. Sur le plan éthique ce n’est pas bon, sur le plan judiciaire ce n’est pas légal, sur le plan de la consolidation des acquis démocratiques c’est dévastateur. Donc nous avons expliqué que nous ne sommes pas d’accord avec ce projet. Pour les  élections législatives, nous avons dénoncé, (on l’avait fait avant), le chronogramme qui avait été décliné. Le premier, le second qui violait beaucoup de délais légaux. Nous avons aussi dénoncé le fait que monsieur Alpha Condé ait  systématiquement refusé d’achever les élections locales avant d’entamer les élections législatives. Et parmi les conditions qu’on avait posées, il y avait l’achèvement des élections locales. Il y avait aussi le fichier dont vous connaissez l’état parce qu’on a suffisamment expliqué les particularités de ce fichier, les anomalies et les irrégularités fort nombreuses qu’on a dans ce fichier. Vous savez, au début c’était 70% de la population qui votait en Guinée, alors que ce ratio ne dépasse nulle part 41% dans toute la sous-région. Même le gouvernement a trouvé que c’est trop et a dit à Kébé de diminuer ça. Ils ont diminué n’importe comment et ils sont à 63%, alors que ça suppose qu’il y a beaucoup de doublons, il ya beaucoup de mineurs dans ce fichier-là. Donc, on a expliqué que c’est une source de conflit qui explique que l’opposition politique n’a pas participé aux élections législatives. Bien sûr qu’il y a le président de la CENI qui applique aveuglément tout ce que la présidence lui dit et qui fait qu’il n’est plus digne confiance dès lorsqu’on considère qu’il n’a pas respecté son serment….»