Mois de la femme: zoom sur Fanta et Saoudatou, deux jeunes filles qui excellent dans la maintenance et la réparation des appareils électroniques

0
597

De plus en plus, les femmes, qui refusent d’être des éternels otages des préjugés sexistes et misogynes, exercent et excellent dans des métiers qui étaient jusque-là une chasse gardée exclusive des hommes.

C’est le cas de Fanta Guirassy et Saoudatou Diallo ont choisi d’embrasser un métier outrageusement dominé par les hommes. Elles travaillent depuis près de deux ans dans une entreprise de maintenance et de réparation des téléphones portables et des ordinateurs.

Fanta Guirassy est diplômée en génie informatique d’une université de la place. Après avoir effectué un stage chez Jatropha, elle travaille depuis une année trois mois comme technicienne à Yaalan (réparation en langue soussou, NDLR) qui est une entreprise spécialisée dans la réparation des tablettes et des ordinateurs.

«A la fin de mes études, je ne voulais pas du tout chômer. J’ai vu un appel d’offres de Sincery et j’ai bondi dessus. J’ai été heureusement retenu pour la prise en main des tablettes. Et comme vous le savez, l’informatique et la maintenance sont indissociables. Donc notre patron nous a demandées un jour si on peut faire la maintenance. J’ai  répondu que je n’ai jamais pratiqué mais que ça m’intéresse vraiment. Le DG nous a alors formées pour que nous-mêmes réparions les tablettes de nos clients en cas de panne.  Aujourd’hui, nous pouvons réparer tous types de téléphone et de tablette», s’est réjouie mademoiselle Guirassy.

Attirée depuis toujours par les appareils électroniques, Fanta Guirassy est en train d’exercer aujourd’hui le métier de son rêve. «J’ai toujours aimé la technique et j’ai tout le temps été curieuse. Quand je vois un téléphone à vue d’œil, j’ai toujours eu la curiosité de connaitre comment l’appareil est conçu. Idem pour les ordinateurs. La technique a été ma passion de tout le temps», dit-elle, sourire aux lèvres.

Pour elle, avec la passion et l’envie de toujours mieux faire, on réussit tout ce que l’on entreprend. « Je peux diagnostiquer moi-même la panne et réparer les Android et même les ordinateurs. Par exemple, je remplace sans aucune peine un écran brisé ou endommagé, je répare le moteur des Android, arrange le système de charge et tant d’autres pannes. S’agissant des ordinateurs, je peux réparer le disque dur ou réparer le clavier», affirme Fanta Guirassy.

Quant à Saoudoutou Diallo, elle travaille aussi dans cette entreprise de Yaalan depuis bientôt deux ans. A la différence de sa collègue Guirassy, elle passe plus de temps à la maintenance qu’à la réparation des appareils. «Après avoir obtenu le diplôme de licence en télécommunications, j’ai suivi une formation en maintenance informatique avant de commencer à travailler à Sincery puis à Yaalan. J’ai comme principal tâche ici à Yaalan, la maintenance des tablettes et des ordinateurs», déclare-t-elle.

Très à l’aise dans les communications, Saoudatou Diallo, déclare qu’il n’y aucun secret pour faire la maintenance des appareils électroniques. Elle avoue cependant que c’est un travail méticuleux qui demande de la concentration.

«Je fais la maintenance des appareils tels que les tablettes, les téléphones et les ordinateurs. Et quand on parle de maintenance informatique, il y a le côté matériel et le côté logiciel. Je fais les deux à la fois. Quand je prends l’exemple sur les tablettes, avant qu’elles ne soient sur le marché, on fait un processus de routage et après on fait une maintenance côté logiciel. C’est-à-dire qu’on installe des applications. Avec les ordinateurs, on fait la mise à jour, la réinstallation du système d’exploitation et parfois le nettoyage (…) Mais j’admets que c’est un travail très mesquin. L’informatique n’est jamais fiable à 100%, il y a toujours des inconvénients peu importe la marque. Mais on parvient toujours à gérer le client et à le satisfaire», a confié  mademoiselle Saoudatou Diallo.

Etre femme dans un corps de métier masculin, a quelques avantages, selon Fanta Guirassy. «Les gens vous accordent plus d’attention et vous considèrent beaucoup plus», a-t-elle fait remarquer.

«A Yaalan, les gens sont curieux de voir une femme ouvrir un ordi ou une tablette ou encore un téléphone. Même quand on propose d’envoyer le coursier pour prendre ou déposer l’appareil, ils préfèrent eux-mêmes venir pour voir ce que nous faisons. Donc après le travail, ils sont émus, satisfaits et fiers de nous», a-t-elle confié.