Mois de ramadan et circulation routière : déjà, un premier couac

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Dans la soirée précédant le début du ramadan, la circulation a été tout sauf calme. On peut même dire qu’elle était dans tous ses états. Beaucoup d’agitation et d’empressement. Et surtout, beaucoup d’embouteillages.

La raison à tout cela est toute simple. Il s’agit d’un phénomène lié à l’habitude que nous avons de toujours attendre le dernier moment pour vouloir tout régler d’un coup. C’est ainsi que chaque année, à la même période, on sent une certaine fébrilité qui s’empare des usagers à travers la ville.

Sauf que cette fois-ci, il nous a semblé que la pression est remontée d’un cran comparé au niveau qui était le sien, les années précédentes. Serait-ce dû à la conjoncture économique difficile qui a fait monter les prix des denrées de première nécessité, ou à la pandémie du coronavirus qui est encore là, cette année, en ce mois béni ? Rien n’est à exclure.

L’impression qu’on a, c’est que tout le monde semble se demander comment finaliser les préparatifs pour être prêt à jeûner le lendemain. Ce qui conduit les uns et les autres à se hâter à faire des courses de dernière minute : finir des emplettes, rendre visite à des proches, arriver à la maison, formuler l’intention de jeûner et se vouer au rite, tel que prescrit par la religion, etc.

C’est sans doute, ce capharnaüm d’obligations qui est à l’origine des embouteillages monstres qu’a connu la haute banlieue, des heures durant. A titre d’illustration, pour ne citer que le seul cas précis que nous avons vécu, de Bambéto à l’aéroport, nous avons mis trois heures (20 h-23 h).

Pendant ce temps, l’autoroute était vide de circulation. Ce qui donne à croire que les bouchons sont circonscrits aux zones à forte densité de population.  On nous confirme qu’il en était ainsi dans maints autres endroits de la banlieue.

Disons-le tout de suite, ces embouteillages ne sont pas liés à l’infrastructure routière ou au nombre d’engins roulants. Ils tirent leur source du comportement des individus. Bien des usagers que l’on rencontre dans la circulation, sont toujours pressés, intolérants voire même discourtois et agressifs. Et si tout cela ne suffit pas, ils adoptent le trafic d’influence et l’intimidation. Ils veulent toujours passer les premiers et ne concèdent aucun droit à ceux qu’ils rencontrent. Quand vous leur faites la plus petite remarque et qu’ils décident de vous répondre, c’est pour vous dire de manière péremptoire : « tu sais qui je suis ? Tu sais à qui tu as affaire ? Quitte devant moi. Toi tu es qui, d’ailleurs ? ».

D’autres se fient à l’apparence du véhicule pour adopter une ligne de conduite. Ils ne cherchent pas d’histoires avec plus riche ou plus fort qu’eux. Conséquemment, plus le véhicule qu’ils rencontrent est rutilant ou énorme, plus ils s’en écartent et le laissent passer. Ce signe de ’’respect’‘ tient au coût de réparation éventuelle, en cas d’accrochage avec ces véhicules haut de gamme et aux dommages matériels qu’ils pourraient subir de la part d’un gros véhicule.

La même chose se produit, quand le véhicule présente un aspect de vieille guimbarde fatiguée. Là aussi, on l’évite, estimant que son propriétaire est déchard et insolvable. Il faut laisser passer l’indigent. Il n’y a rien à gagner dans un quelconque conflit avec lui.

C’est la classe intermédiaire, forcément la plus nombreuse, qui fait les frais de tous les mauvais coups entre usagers dans la circulation. Et quand on y ajoute la part royale qu’occupe à ce jour les motocyclistes, le comble est atteint.

C’est tout cela et bien plus encore, qui explique les embouteillages sur nos routes. Un problème, d’abord et surtout, humain. Un problème comportemental.

Nous sommes au début du mois de ramadan. La dynamique souhaitée en termes de comportements est la même entre ce que prescrit la religion et les règles du code de la route. Il n’y a aucune contradiction entre les deux. Dans l’un et l’autre, l’accent est mis sur la tolérance, la courtoisie, le pardon, le respect et l’amour de l’autre et la solidarité. Des vertus qu’il faut faire prospérer partout autour de soi, telle une épidémie.

Pour la simple et bonne raison qu’elles constituent le socle essentiel pour parvenir au développement humain, à la paix sociale et au renforcement de la prévention routière.