Mort des quadruplés: des femmes dans les rues de Kaloum pour dénoncer les défaillances des structures sanitaires

mai 18, 2018 5:55
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Regroupées en collectif pour une prise en charge humanisée des femmes enceintes et des accouchements,  des femmes vêtues de blanc et coiffées de foulard rouge, ont battu le pavé ce vendredi 18 mai à Kaloum pour protester contre les manquements  enregistrés au niveau des structures sanitaires privés et publics du pays.

Parties du rond point du Port autonome de Conakry, ces femmes ont effectué une marche blanche et silencieuse jusqu’au ministère de la Santé où elles ont été reçues par les cadres du département auxquels elles ont remis un mémorandum dans lequel ont fait mention de quelques dérapages de certains médecins dont le dernier cas en date est celui de Pr Sy Telly. Celui-ci est accusé « de négligence » par la famille Guisssé qui a perdu des quadruplés dans sa clinique.

Dans ledit document, les femmes ont fait également des propositions  de solutions pour réduire la mortalité maternelle et néonatale et mettre un terme à la souffrance physique et psychologique des femmes.

Le secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Sékou Condé qui a réceptionné le document,  a tout d’abord rappelé qu’il est enseigné « qu’un agent de santé ou un médecin ne s’engage pas dans une profession de soin pour devenir riche.  Il n’ya pas de médecin riche. Il y a des médecins qui doivent travailler pour être à l’abri du besoin. Mais la médecine ne doit être confondu à une profession mercantile », a-t-il fait remarquer.

Dr Sékou Condé a, en outre, apprécié les propositions qui ont été faites par le collectif dans le mémorandum. « Je suis très heureux de constater que vous avez fait preuve de responsabilité en faisant des propositions concrètes. Parce que c’est très facile dans notre pays de lancer l’opprobre  ou de critiquer, mais il n’y a jamais de propositions », a-t-il déclaré avant de revenir sur un certain nombre de propositions.

Parlant de la clinique de Pr Sy, il a fait savoir qu’une mission d’investigation a été déployée sur le terrain pour s’apercevoir si cette structure sanitaire répondait aux normes requises. Aussi, il a rappelé qu’une clinique doit répondre à trois dimensions : administrative, déontologique et technique.

« Après inspection, on s’est rendu compte qu’il y a un certain nombre de manquements dans le fonctionnement de la clinique. Il n’y avait pas de personnel qualifié capable de prendre en charge de tels cas. Les équipements certes sont dans les normes, mais les compétences n’étaient pas disponibles pour assurer la prise en charge des cas. Et comme la réglementation dit : dès lors qu’une structure n’est pas adaptée aux textes de sécurité qu’il faut, il faut la fermer. Donc, le ministère a pris la décision sans attendre les autres éléments de l’investigation, de fermer la clinique », annonce Dr Sékou Condé qui a promis que son département ne s’arrêtera pas à ce seul cas pour éviter que la même situation ne se produise ailleurs.

En plus de cette disposition, annonce-t-il, le dossier de Pr Sy va être transféré au niveau de l’Ordre des médecins devant la Chambre disciplinaire pour l’examiner. Il a aussi promis que son département va revoir les tarifications au sein des structures sanitaires pour leur harmonisation.  Dr Condé a également  annoncé la mise en place d’un numéro vert pour dénoncer tout désagrément subi dans les services sanitaires, avant de rassurer ses hôtes de l’engagement du département  à faire en sorte que la santé des Guinéens en général, et celle maternelle et infantile en particulier, soit meilleure.