Mort d’un jeune à Gaoual : en colère, la population brûle le commissariat de police

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Suite à la noyade d’un jeune dans le fleuve Tominé la semaine dernière, la ville de Gaoual a enregistré des troubles qui ont entraîné la destruction du commissariat de police. La rédaction de Guinéenews© y a fait un tour pour toucher du doigt à l’ampleur des dégâts.
La ville de Gaoual située au nord du pays à plus de 600 kilomètres de la capitale Conakry est réputée être en ce moment un lieu consommation de la drogue. Cette recrudescence s’expliquerait par le chômage des jeunes mais aussi l’existence des fleuves autour de la ville (le Tominé et le Komba qui forment le Koliba).
Rencontré, Mohamed Caba, le juge de paix de Gaoual revient sur les faits ayant conduit à la destruction du commissariat. « Le jeudi 21 février dernier, des agents de police ont effectué une descente aux abords du fleuve Tominé en vue d’éradiquer la consommation, la vente et la mise à la disposition ou la détention du chanvre indien que nous avons constaté à notre prise de service. Ils sont parvenus à appréhender un délinquant. Les autres ont fui en se jetant dans le fleuve. La police a découvert 135 boules de chanvre indien et a décidé de rebrousser chemin pour venir dans ses locaux. Le commissaire nous a fait l’état des lieux. La police a déféré le suspect et les pièces à conviction. Après son audition, il a reconnu les faits ; donc, il a été mis en flagrant délit et déféré à la prison civile. Le vendredi 22 février au soir, un communiqué est passé à la radio locale faisant état de la disparition de Abdoulaye Diallo dit « Wanted » ou le « Boss ». Samedi 23 février 2019 aux environs de 18h, j’ai été informé de la découverte d’un corps dans le fleuve. Sur les lieux, en présence de la gendarmerie et de l’armée, la croix rouge a repêché le corps. Les amis du défunt ont récupéré pour le déposer au commissariat. Ils ont fait sortir tout le mobilier et les documents qu’ils ont incendiés dans un premier temps. Après, ils sont allés à la mosquée de Afia où ils ont obligé l’imam à prier sur le corps. Après la prière, ils se sont dirigés vers le cimetière. Après l’enterrement, un autre groupe muni d’essence est venu incendier tout le bâtiment du commissariat. Devant l’insuffisance des agents (5 policiers au total pour Gaoual), nous avons fait appel à deux équipes : une équipe venant de Labé et une équipe de CMIS (compagnie mixte d’intervention spéciale) venant de Boké », explique t-il.
L’arrivée des équipes de renforts a conduit à plusieurs interpellations. Plusieurs personnes ont décidé de fuir la ville.
Alain Yangana Bah le commissaire centrale de Gaoual revient sur les dégâts causés par les jeunes surexcités. « Le dégât est énorme. La radio, les archives, les mobiliers, une moto d’un capitaine de police sont partis en fumée. Trois motos placées en fourrière  ont été emportées par les jeunes. Le personnel n’a pas eu de problème parce qu’on était convié au camp », indique t-il.
Aujourd’hui, Gaoual ne dispose pas de commissariat. Tout est parti en fumée. La terrasse d’un autre bâtiment à côté sert de bureau pour le commissaire et son adjoint.
Quant aux policiers, ils ont trouvé d’abris sous les manguiers.
Nous y reviendrons.
De Gaoual, Badicko Diallo envoyé spécial pour Guinéenews©