Mouctar Diallo : « au Fouta, l’UFDG a usé de tous les stratagèmes pour nous barrer la route sans y parvenir »

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Le ministre de la Jeunesse est intervenu ce matin sur les antennes de la Radio Espace pour expliquer les coups bas dont il a été victime lors de l’organisation des « Journées de Reconnaissance du Fouta au Président Alpha Condé ». Mouctar Diallo a profité du micro de nos confrères pour dénoncer, selon lui, les manœuvres des responsables de l’Union des Forces Démocratiques pour faire échouer l’évènement. C’est avec une fière allure et tout heureux d’avoir réussi à mobiliser les populations dans la zone jusqu’ici considérée comme le fief de l’opposition que le ministre de la Jeunesse s’est fait entendre.

Interrogé sur son état d’âme après les Journées de Reconnaissance du Fouta, le ministre Mouctar, torche bombée, affirme avoir réussi là où on le voyait échouer. « Nous sommes très heureux d’avoir réussi une mission jugée impossible, nous sommes fiers d’avoir mobilisé les populations de Fouta malgré l’adversité sur le terrain. Nous avons fait une démonstration qui a troublé l’UFDG qui pensait que le Fouta était une citadelle imprenable. C’est la première fois que cette région ait organisé une telle mobilisation en faveur du Chef de l’Etat. C’était un véritable succès. C’était douloureux pour les gens de l’UFDG qui ont distribué de fortes sommes d’argent aux jeunes manipulés pour boycotter et freiner l’évènement. »

Quel est le sens réel d’un tel évènement ? Quelles sont les réalisations faites au Fouta depuis 2011 qui méritent de telles journées de reconnaissance ?

A cette question, le leader de NFD, l’ancien opposant apprend aux auditeurs que le Président Alpha Condé a, en quelques années réussi à transformer positivement la vie des populations de Fouta en valorisants l’agriculture, l’élevage et en réalisant les infrastructures de base. « Vous n’allez pas croire. Même les populations de Fouta ont unanimement reconnu les réalisations que le Pr Alpha Condé a eu à faire au Fouta. Il a construit des écoles, des centres de santé, les routes en désenclavant les villages. Aujourd’hui, la mobilité des villageois est effective. Il a fait la promotion de l’agriculture, de l’élevage. Surtout il a mis en place des micros finances comme les MUFFA (Mutuelle financière des femmes africains) pour les femmes… Tout ceci est palpable aujourd’hui dans la région de Fouta. Voilà les Journées de Reconnaissance. »

 Surpris d’entendre ainsi celui qui, hier, fut un farouche opposant au régime Alpha Condé, qui ne ratait aucune occasion pour fustiger, critiquer le pouvoir, les confrères ont demandé au ministre si c’est un mea-culpa qu’il fait, c’est-à-dire, s’il s’était trompé quand il soutenait que le régime n’avait rien fait à l’intérieur du pays, plus précisément au Fouta. « … J’étais opposant n’oubliez pas ! Je ne m’étais pas trompé. Et j’assume mes opinions. »

Sur l’insistance des journalistes, Mouctar Diallo a levé un coin de voile sur les raisons de son départ de l’opposition pour la mouvance. « Quand nous avions été trahis par nos anciens alliés, le Président de la République nous a tendus la main. Des propositions nous ont été faites. Tout le monde reconnait ça au moins. Nous avons alors accepté la main tendue du Premier magistrat du pays parce que nous voulons apporter notre contribution pour sauver la Guinée. Nous voulons défendre nos valeurs, nos principes. Comme vous le savez, la politique est contextuelle ! On n’est pas allé mordre à l’hameçon ! Quelqu’un qui a commencé le combat depuis 15ans, bon, ça me gêne d’en parler. J’ai mené le combat politique en prenant des risques ! »

Qui de Cellou ou de Mouctar Diallo a trahi ?

 « Je fais la politique depuis… Et ce combat politique m’a fait entrer au gouvernement en 2010 où j’ai été combattu par le général Sékouba Konaté, président de la Transition. Lors des présidentielles de 2010, nous avions eu une alliance avec l’UFDG. En 2013 malgré le refus de certains responsables du parti, j’ai accepté de faire alliance avec l’UFDG. Je n’avais eu qu’un seul poste de député sans activité à l’Assemblée Nationale. Mais comme nous voulions l’unité de l’opposition, on s’est tu. En 2015, l’UFDG a décidé d’aller seul aux élections communales. Cela nous a été signifié. Quand on a été candidat à Ratoma, il ne fallait pas. On a été insulté, diffamé, agressé à notre siège à Bambéto. Tous les moyens ont été déployés contre nous. C’est après donc ce clash, le gouvernement nous a sollicités. C’est là qu’on s’est dit qu’il est temps de partir »

Mouctar n’a-t-il pas été copté pour jouer au trouble-fête dans le bastion de l’UFDG ?  

«C’est trop réducteur de penser ainsi. Nous sommes au gouvernement pour apporter notre pierre à l’édifice. Evidemment les gens peuvent penser ainsi. C’est leur droit. C’est de bonne guerre ! Nous sommes en politique où tous les coups sont permis. L’UFDG fait tout pour nous déstabiliser… »

 Et Bah Ousmane dans tout ça ?

A cette question, le ministre Mouctar Diallo a refusé de faire un commentaire sous prétexte qu’il ne veut pas personnaliser le débat « Non. Je ne veux pas qu’on personnalise le débat. J’ai du respect pour Bah Ousmane. Ce qui était important, c’est d’avoir l’initiative, la mettre en pratique et réussir. Ne nous attardons pas sur les détails. Ce n’est pas important. Ce que je retiens, c’est que les gens de l’UFDG pensaient perturber nos activités. Ils ont distribué beaucoup d’argent aux jeunes pour boycotter. Tenez-vous bien ! Ils avaient programmé un meeting à 11 heures, mais ce n’était qu’à 17 heures qu’ils ont pu avoir quelques personnes.»

En ce qui concerne le montant dépensé pour les journées de Reconnaissance, le ministre précise que son département n’a reçu que 500 millions de francs guinéens. Pour parler de sa longue absence, Mouctar dit que le département a travaillé sans aucun problème. D’ailleurs sa présence à l’intérieur lui ont fait connaitre les réalités de l’arrière-pays au niveau de la jeunesse.

Que cache réellement ces Journées de Reconnaissance au Fouta ? Mouctar est-il prêt à accompagner Alpha Condé pour un troisième mandat ?

 « Au moment opportun les NFD prendront une décision. Ce n’est pas une affaire de Mouctar Diallo seul.  Attendons que la question se pose. Quittons la fiction !

Pour clore, le leader des NFD, est revenu sur la condamnation du jeune ‘’Grenade’’. Ce jeune a été manipulé par les politiciens, estime Mouctar Diallo qui a fait la confidence d’avoir reçu ce jeune militant activiste dans son salon et lui a même prodigué, à cet effet, des conseils.