Moussa Kéita, candidat indépendant à la mairie de Siguiri : « Le jour où Alpha Condé parlera d’un 3ème mandat, c’est le peuple qui le répondra»

août 1, 2018 11:08
0

Dans un entretien exclusif avec votre quotidien électronique Guinéenews©, Dr Moussa Kéita, le candidat de la liste indépendante du mouvement Siguiri en Marche (SIMA), arrivé en deuxième position dans la commune urbaine avec 12 sièges sur 41 à pourvoir à la faveur des dernières élections communales, parle de l’adhésion des Siguirikas à son programme, le retard de l’installation des conseillers communaux. En outre, il donne quelques pistes de solution  pour pouvoir renflouer les caisses de la mairie. Lisez !

Guinéenews© : Quel a été votre secret afin de tenir tête au RPG dans son fief lors de ces dernières élections communales ?

Dr Moussa Kéita : J’ai acquis l’adhésion et la confiance de la population. Je ne me suis pas présenté contre un parti ni une personne…, c’est mon projet de société qui a séduit les gens de Siguiri. Je voulais faire comprendre que c’est mon programme qui peut faire sortir Siguiri de l’ornière.

Guinéenews© : Si vous devenez maire, quelles seront vos sources de revenus pour changer l’image de la commune urbaine de Siguiri ?

Dr Moussa Kéita : L’argent n’a jamais manqué à Siguiri, c’est la mentalité couplée à la bonne gestion qui fait défaut. Mon projet « Plan Siguiri Émergent » est budgétisé, réaliste et non-démagogique. Les ressources propres de Siguiri ne suffisent pas. Actuellement dans la décentralisation poussée, une commune sérieuse peut attirer des fonds extérieurs pour son développement. Et cela à condition que ces fonds soient gérés dans la transparence totale.

Guinéenews© : Quel est votre sentiment par rapport au retard enregistré dans l’installation des conseillers communaux après la tenue des élections?

Dr Moussa Kéita : C’est un sentiment désolation et de frustration. C’est comme si on ne respecte pas le suffrage. La Guinée est un pays à part, on est dans un pays bancal. Sinon le code électoral est clair dessus, mais on laisse la loi pour faire des accords après ces accords sont bafoués. Ce retard fait que la population souffre, car il y’a un vide au niveau du pouvoir central.

Guinéenews© : Quel sera votre conseil à Alpha Condé au cas où il est tenté par un troisième mandat ?

Dr Moussa Kéita : Je ne sais pas pourquoi les Guinéens s’intéressent à cette question, sinon Alpha Condé n’en a jamais dit et il est dans son mandat normal. Et le jour où il le dira, c’est le peuple qui le répondra.

Guinéenews© : Quelle analyse faites-vous de la vie sociopolitique de la préfecture de Siguiri ?

Dr Moussa Kéita : Beaucoup de choses se déroulent à Siguiri. C’est parce qu’il y’a un déficit d’éducation collective. L’éducation est la clé de tout développement. La Guinée est en train de se perdre avec les fléaux sociaux et la délinquance juvénile. L’absence de l’État en Guinée est visible alors qu’il doit être fort et crédible.

A Siguiri, des zones qui vivaient depuis des décennies commencent à s’entretuer dans les conflits domaniaux. Depuis le sommet de l’État guinéen jusqu’à la base, c’est l’argent qui est vénéré, et toute cité qui vit de la sorte, finira dans l’abîme. Donc, il faut un changement avec des hommes et des femmes capables, Mais cela suit un processus qui ne peut pas se faire dans une commune sans maire.

Guinéenews© : Votre dernier mot ?

Dr Moussa Kéita : Je remercie Guinéenews© qui informe même dans les confins les populations. Car, la liberté de presse n’est pas donnée pour dormir. Il faut éduquer, informer et sensibiliser. Mon dernier mot, c’est un appel à la jeunesse de Guinée, il faut qu’on se libère de deux prisons: l’ethnocentrisme et l’ethno-stratégie qui est la première prison qui risque de nous envoyés vers un suicide collectif. Ensuite la deuxième prison, c’est la corruption. Il faut suivre les gens pour leurs idées nobles. Mais je suis désolé de voir les jeunes tenter par l’argent…

Entretien réalisé par Mohamed Moro Sacko