Mouvement social: l’UGTG marche ce 16 mai à Kaloum contre la détention de son Secrétaire général Adjoint

mai 14, 2018 6:42
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L’UGTG (Union Générale des Travailleurs de Guinée) a annoncé ce lundi 14 mai une marche à Kaloum le mercredi prochain pour protester contre ce qu’elle appelle «l’ingérence  flagrante » du gouvernement guinéen dans les affaires syndicales à travers l’ «enlèvement et la séquestration» d’Aboubacar Sidiki Mara, Secrétaire général adjoint de l’UGTG», a-t-on appris.

 Cette marche a pour point de départ le carrefour du Port autonome de Kaloum via le Boulevard Telly Diallo pour prendre fin au niveau de la place des martyrs, à quelques mètres du palais Sékoutouréya.

 Peu avant cette annonce, le Bureau exécutif national de l’UGTG a rendu publique une déclaration qui a été lue par son secrétaire général, El hadj Kandet Sankhon dont nous vous livrons le contenu en intégralité :

«Le Bureau exécutif national de l’UGTG (Union Générale des Travailleurs de Guinée) regrette avec amertume et condamne l’ingérence  flagrante du Gouvernement guinéen dans les affaires syndicales à travers l’enlèvement et la séquestration du camarade Aboubacar Sidiki Mara, Secrétaire général adjoint de l’UGTG dans la nuit du samedi à dimanche 6 mai 2018 à 3 heures du matin à son hôtel dans la cité minière de Boké.

En effet le camarade Aboubacar Sidiki Mara séjournait à Boké depuis quelques semaines en mission de syndicalisation et la mise en place des structures de la base dans les sociétés minières WAP, SMB et UMS.

 La souffrance et la grogne des travailleurs de ces sociétés face à la dégradation de leurs conditions de vie et de travail sans qu’ils ne puissent changer la trajectoire de cette descente inoxérable  vers la misère, ce sont massivement désaffilier de l’USTG et CNTG pour s’affilier à l’UGTG. Ce conformément aux dispositions des articles 09 et 20 de notre constitution et les conventions 87 et 98 de l’Organisation Internationale du Travail dument ratifier par la Guinée depuis 1959.

 L’année 2018 aurait été une autre année de plus sombre dans l’histoire du mouvement syndical en Guinée. La répression  sous couvert de l’impunité, des actions d’intimidation sont encore aujourd’hui de plus en plus devenus une méthode et une pratique imposées comme préalables à nos organisations syndicales avant toute forme de négociations sérieuses avec l’Etat employeurs.

Les autorités administratives de Boké ont reçu l’ordre du président de la République de procéder  à l’arrestation extrajudiciaire du camarade Aboubacar Sidiki Mara parce qu’il a osé aller vers les travailleurs qui avaient besoin d’une organisation syndicale capable de prendre en main de défense de leurs intérêts matériels et moraux.

Pour nous, cette arrestation mafieuse est une manière de tuer le syndicalisme en Guinée. Nous rappelons que le transfert du camarade à la prison civile le 8 mai sous prétexte fallacieux de trouble à l’ordre publique et incitation à la revole.

 De mémoire des Guinéens, les exactions de 1990 et 2007 reprennent de plus belle en cette République.

 L’UGTG prend l’opinion nationale et internationale en témoin sur la violation flagrante du droit syndical par la plus haute autorité de la République.

 Il n’est pas superflu de faire remarquer que le ministre du Travail ne joue pas son rôle vis-à-vis de la classe travailleuse.

C’est regard de tout ce qui précède que le BEN de l’UGTG estime qu’une telle situation est de devoir de toutes les organisations épris de paix et de justice sociale de témoigner sa solidarité et de soutenir toutes initiatives qui renforcent les travailleurs et la cause juste que défend notre organisation.

L’UGTG lance un appel pressant à l’opinion nationale et internationale, les sociétés civiles guinéenne, aux organisations syndicales nationales et internationales d’apporter leur soutien indéfectible à l’UGTG et à son secrétaire général adjoint Aboubacar Sikidi Mara dans la lutte pour la défense des principes fondamentaux au travail et des droits des travailleurs».