Mutilations génitales féminines : Dr Morissanda décrypte le contraste guinéen dans la lutte contre ce fléau

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Le récipiendaire du prix Nelson Mandela des Nations Unies 2020, Dr Morissanda Kouyaté a expliqué le retard de la Guinée dans le cadre de la lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF). C’était en réponse à une question à lui posée dans l’émission «Sans Concession» de votre quotidien électronique Guinéenews.

 En dépit de la volonté politique exprimée dès les premières années par la Guinée, le combat contre les mutilations génitales féminines n’a pas encore produit les résultats escomptés dans le pays.  Et pourtant, selon Dr Moissanda Kouyaté, « …nous sommes le pays le plus ancien dans la lutte contre les mutilations génitales féminines. La première loi guinéenne contre les mutilations génitales féminines date de 1965. Nous avons tous les gouvernements guinéens qui se sont impliqués dans la lutte contre les mutilations génitales féminines. Les communautés se sont impliquées… »

Un contraste qui est dû, selon l’invité de « Sans Concession », au fait « qu’il y a eu un moment où quelques réfractaires ont eu la voix au chapitre. Quand on faisait des ateliers, des conférences où le Premier ministre, la première Dame, un imam ou des femmes venaient dire vous avez raison, nous allons arrêter cette pratique, deux jours après, on pouvait voir à la télévision ou à la radio nationale, deux ou trois personnes qui se lèvent pour dire tout ce que le gouvernement raconte, tout ce que Dr Kouyaté et son ONG sont des scélérats, ils sont contre les femmes, notre culture… »

Parlant des performances de la Guinée qui sont « aujourd’hui à 96% », l’activiste trouve « qu’on ne va pas assez vite (…) ». Du fait que « …la coordination a fait défaut dans la lutte » où « tout le monde s’est engagé mais de façon un peu disparate ». Et d’estimer que « si nous mettions les stratégies ensemble, on aurait pu avancer. »

Mais avec ou sans cette coordination, le récipiendaire du prix Nelson Mandela des Nations Unies 2020 rassure qu’il n’arrêtera pas son combat contre les MGF. « (…) Parce que c’est une pratique néfaste, infructueuse, avilissante, c’est une pratique sans fondement religieux, sans fondement politique, sans fondement social, sans aucun fondement. C’est seulement la recherche bizarre et infructueuse de la maîtrise de la sexualité de la femme », a-t-il déclaré. Et de préciser : « Je suis en mission, pas d’un pays ou d’une organisation mais, des jumelles Hassanatou et Houssaïnatou dont la morte causée par l’excision a servi de déclic pour moi et auxquelles je dédie ma vie professionnelle à la lutte contre les mutilations génitales féminines. »