Mutilations génitales féminines: trois exciseuses condamnées par le tribunal de Kissidougou

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Le Tribunal de Première Instance de Kissidougou vient de condamner trois femmes exciseuses, le mardi  30 juin dernier, suite à un procès, lors duquel elles ont reconnu exercer la profession d’exciseuses.

A ce propos, André Komanan Condé, Procureur de la république près du Tribunal de Première Instance de Kissidougou,  rencontré par la rédaction locale de guineenews précise: « Effectivement, le tribunal a été saisi d’un cas de Mutilation Génitale Féminine (MGF) concernant trois dames à savoir Finda Teinkiano;  Koumba Suzanne Teinkiano et Tewa Kamano. La victime de cette mutilation est Thérèse Sallo Millimouno, âgée de 10 ans », a-t-il révélé.

Parlant du  déroulement de l’audience, le procureur informe: « le débat était vraiment à la hauteur de la tâche, puisque en vérité la salle était archicomble. Il y avait dans la salle  une certaine organisation des droits de l’enfant. Les débats ont été houleux. Hier mardi, le tribunal a rendu la décision. Le tribunal a déclaré Tewa Kamano coupable des faits des mutilations génitales. Finda Teinkiano et Koumba Teinkiano ont été elles, retenues pour les faits de complicité de mutilations génitales féminines. Pour la répression, puisqu’il y avait la préméditation, le tribunal les a condamnées à cinq ans assortis de sursis et une amende d’un million de francs guinéens chacune », a souligné le procureur.

Quant à l’officier de police et représentant de l’ONG de l’OPROGEM à Kissidougou, qui a mis main sur ces femmes, le capitaine Benjamin Camara relate les circonstances dans lesquelles il les a arrêtées: « après les informations recueillies par notre guide, je suis allé avec l’un de mes agents parce que notre informateur nous a indiqué là où se trouve la fille excisée. Dès qu’on est arrivé, on a directement interpellé les parents de la fille. C’est ainsi, on les envoyés à la police et de la police puisque nous ne sommes pas des juges mais des auxiliaires de la justice, alors nous avons fait le travail conformément à ce qui est demandé. C’est à dire la procédure normale et on les a déférées au tribunal pour le jugement », a-t-il rappelé.