Nouvelle constitution, 3è mandat, Embaló, armée africaine …sur RFI, Alpha Condé « égal à lui-même »

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Actuellement  à Addis-Abeba où il prend part au 33ème sommet ordinaire des chefs d’État et du gouvernement de l’Union africaine, le Président Alpha Condé a accordé une interview à nos confrères de France 24 et RFI. Dans ses réponses aux questions dont notamment celle portant sur le référendum constitutionnel du 1er mars 2020, Alpha Condé qui est soupçonné de vouloir briguer un troisième mandat, est resté « égal à lui même », tranchant. Synthèse ! (crédit-photo RFI-France24).

Sur le référendum constitutionnel qui est pour l’opposition un stratagème lui (Alpha Condé) permettant de se présenter pour un troisième mandat 

Sur cette question, Alpha Condé a dit que l’accord d’Ouagadougou prévoyait que le général Konaté promulgue la Constitution actuelle pour juste sortir de la transition. Mais, le gouvernement qui viendrait (après la transition) devrait rédiger une nouvelle Constitution. « Tout le monde était d’accord… », a dit Alpha Condé. Et de poursuivre en disant que lorsqu’il est arrivé au pouvoir, il a été hérité d’un pays et non d’un Etat. La priorité n’était donc pas une nouvelle Constitution. « La Constitution actuelle, nous sommes obligés de la violer par des accords politiques. Et aujourd’hui, la Constitution doit répondre aux besoins du monde actuel, par exemple la parité entre l’Homme et la femme ; la lutte contre les mutilations génitales, le mariage des filles avant 18 ans et surtout le partage correct des ressources. Par exemple, aujourd’hui, nous consacrons 15% des ristournes minières aux sous-préfectures… », a-t-il dit.  Plus loin, le Président dira que cette Constitution est bâclée. Et, ça ne change en rien qu’elle soit changée maintenant ou avant.

Va-t-il se présenter pour un troisième mandat ? Pendant les élections, estime Alpha Condé, chaque parti est libre de présenter le candidat qu’il veut. « C’est le parti qui décidera, ce n’est pas un homme un se présente, c’est le parti qui se présente. Le parti peut présenter comme [il peut présenter] quelqu’un d’autre. Pour le moment, ce n’est pas mon souci… », a dit Alpha Condé.

Ne craint-il pas d’avoir des relations compliquées avec la Guinée-Bissau si Umaro Sissoco Embaló est confirmé par la Cour suprême de son pays ?

« Moi je ne m’occupe pas de ce que Sissoco dit. Pour moi, c’est un non-événement… La Guinée-Bissau, c’est un régime parlementaire. Celui qui a le pouvoir c’est le Premier ministre. Donc, on continuera à collaborer comme avant. Moi, je ne fais pas attention à ce qu’Embaló dit. D’abord je n’ai même pas écouté, je n’ai pas lu, je ne fais pas attention à ce qu’il dit… Les relations sont historiques et resteront historiques. Je pense que nous sommes des Etats voisins,  Quel que soit le Président qui est là, la Guinée continuera à avoir des bonnes relations avec ses voisins », a dit Alpha Condé sur  Embaló et la Guinée Bissau.

Ne faut-il pas une retouche militaire africaine dans la lutte contre les milices et les groupes djihadistes ? 

Face aux milices et groupes djihadites, Alpha Condé pense qu’il faut une armée africaine. « Je crois que nous avons été très clairs : ma première argumentation a été la création d’une armée africaine ; nous avons déjà une force armée en attente. J’ai toujours dit : pourquoi voulez-vous qu’un Bangladais vienne mourir en Afrique ? S’il vient, l’argent qu’il gagne c’est pour aller dépenser chez lui […] Nous avons des Etats comme l’Afrique du Sud, comme l’Égypte, comme le Maroc, comme l’Algérie, qui ont déjà les équipements. Ça peut être un point de départ…»

Transcrit par Tokpanan Doré