Nouvelle constitution: l’effet repoussoir  

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C’est contre vents et marées que le président Alpha Condé a choisi d’emprunter les chemins de traverse pour passer à la trappe la constitution de mai 2010, par le biais d’un jeu électoral non consensuel. La nouvelle constitution ainsi promulguée en pleine crise sanitaire, a été aussitôt rejetée par l’opposition.

Pendant que l’attention de l’opinion publique est plus focalisée  sur l’évolution et les méfaits de la pandémie du coronavirus, Alpha Condé continue de dérouler son agenda polémique sur fond de grenouillage. Quitte à faire jaser dans les chaumières.

Ainsi, il vient de promulguer la constitution dont il a tant vanté le contenu, bien que son adoption fût  émaillée de violences inouïes. Plusieurs dizaines d’opposants ont en effet trouvé la mort durant ces convulsions, selon des ONG de défense des droits humains, dont Amnesty International et la FIDH.

Des tensions qui expliqueraient  sans doute, en partie, la faible mobilisation des électeurs dans de nombreuses circonscriptions électorales du pays, lors de  ces consultations électorales controversées.

Même si la Ceni par un tour de passe-passe dont elle seule aurait le secret, a sorti de son chapeau, une victoire du « oui » à hauteur de 91.59%.

La cour constitutionnelle qui a pris le flambeau, après la partition de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a suivi ce tempo, d’un train d’enfer. Elle ne s’est d’ailleurs pas gênée, outre mesure, à inviter les députés « élus » à la faveur de ce scrutin au rabais, à se faire dépister, après avoir certes raboté ce score à la soviétique,  le réduisant à 89,76 %. Mettant ainsi la charrue avant les bœufs, puisque les résultats des législatives proclamées par la Ceni ne sont pas encore validés par la même Cour constitutionnelle.

Preuve que notre démocratie garde encore son approche minimaliste, dix ans après l’avènement d’Alpha Condé au pouvoir. Car ce double-scrutin de par son caractère clivant, aura sérieusement remis en cause  le  jeu démocratique. Et l’opposition ne cesse de répéter que  le passage en force  n’aura visé qu’à ménager l’intérêt d’une caste politique qui rappelle la bourgeoisie compradore. De quoi accroître davantage le fossé entre les institutions et les populations.