N’zérékoré : 19 décès maternels enregistrés entre janvier et mai 2018

juin 12, 2018 4:51
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Alors que le nombre de décès maternel est en constance régression dans certaines préfectures de la Guinée, N’zérékoré connait depuis deux ans une hausse considérable, a appris Guinéenews à travers sa rédaction régionale.

Selon les autorités sanitaires, sur 99% de consultations prénatales, les accouchements assistés occupent 44%, soit 35 décès en 2016 et 42 en 2017. En 2018, 19 décès ont déjà été enregistrés entre janvier et mai. Des chiffres inquiétants selon la Directrice Préfectorale de la Santé. Elle justifie cet état de fait par des accouchements à domicile et dans des structures informelles.

« Depuis un certain temps, nous sommes confrontés à un grave problème. Celui des décès maternels surtout dans la commune urbaine de Nzérékoré où la tendance est à la hausse. En effet, nous constatons avec regret que la plupart des femmes accouchent dans des cliniques informelles, des maisons et même des soit disant pharmacies. C’est dans ces lieux que des femmes meurent pendant l’accouchement, faute de conditions requises », a indiqué Sokpo Teoro, directrice préfectorale de la santé, au cous d’une rencontre avec des partenaires techniques et financiers élargie aux présidents des quartiers.

La mortalité maternelle demeure élevée malgré l’appui technique et financier des partenaires. Une situation qui suscitent assez d’interrogation chez Marie Louise Haba, secrétaire à l’UNFPA.

« Quand on apprend qu’il y a eu 19 décès maternels de janvier à mai 2018, franchement c’est écœurant. Déjà avec ces décès vous voyez comment les gens sont entrain de voir ? Les partenaires font assez d’efforts mais s’il n’y a pas de bons résultats, ça n’encourage pas. L’on se demande même si nos appuis portent fruit. Dites-nous ce qui ne va pas concrètement », a-t-elle déploré.

Aussi, selon des chiffres, sur 99% des femmes qui font des consultations, seulement 53 accouchent dans les postes ou centres de santé. Pour Dr Yamoussa Youla, directeur de l’hôpital régional, le faible taux de fréquentation des structures sanitaires par les femmes enceintes est dû aux comportements de quelques agents de santé. Selon lui, certains agents « indignes » demanderaient de l’argent aux femmes enceintes.

Cet avis est partagé par des observateurs qui soutiennent que nombreuses sont des femmes qui continuent de payer de l’argent pour l’accouchement ou encore la césarienne. Aussi, l’on pointe du doigt, le manque de communication des autorités sanitaires.