N’Zérékoré : la mesure d’interdiction de la coupe de bois dope le trafic avec la complicité des éco-gardes

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La capitale de la Guinée forestière est en proie à des coupes abusives de bois depuis l’annonce faite de l’interdiction de l’exploitation et du transport par le ministère de l’Environnement ce, à partir du 15 juillet 2020. Même si elle entrait en vigueur, cette mesure ne fera d’ailleurs que doper le trafic de bois avec des camions remplis de bois qu’on achemine nuitamment sous le regard complice des cadres de l’environnement locaux et des éco-gardes.

En effet, depuis la diffusion du communiqué radio diffusé  du ministère de l’Environnement faisant état  de l’interdiction de la coupe et du transport de bois sur toute l’étendue du territoire national du 15 juillet au 30 septembre 2020. Désormais, on  assiste  de plus en plus  à  la  coupe à outrance  du bois. Une situation qui de nos jours inquiète bon nombre de personnes, même si les autorités concernées font semblant de ne rien observer.

Face à cette course effrénée lancée à la conquête des essences forestières, un exploitant confie à Guineenews, que cette mesure d’interdiction ne fera qu’intensifier le trafic : « Vous savez, c’est très compliqué, car ces bois quittent loin d’ici. Nous partons négocier avec les chefs de  village avant qu’on envoie les tronçonneuses. Après la coupe, nous cherchons à négocier avec les éco-gardes, afin de pouvoir les acheminer en ville. Mais à l’heure-là, on est en train d’accélérer car le ministère dit qu’à partir du 15 juillet, qu’il n’y aura ni de coupe, ni de transport de bois. Donc nous utilisons toutes les voies et tous les moyens pour approvisionner nos dépôts »,  avec l’appui des éco-gardes. Puisqu’à partir du 15 juillet, le vrai trafic nocturne va commencer, dira-t-il.

Ni le directeur de l’Office guinéen du bois, ni le directeur préfectoral de l’environnement n’ont accepté de se prêter à nos sollicitations, malgré plusieurs tentatives.

Pour l’heure, la forêt continue de payer le lourd tribut d’une coupe abusive sans aucune mesure d’accompagnement pour la restauration du couvert végétal. Ce qui de nos jours fait perdre à la région sa forte pluviométrie, laissant place à la savane et à un changement climatique très inquiétant.