N’Zérékoré: les occupants des alentours du centre de dermatologie sommés de déguerpir

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C’est une affaire qui, depuis quelques semaines, défraie la chronique à N’Zérékoré. En effet, cela fait maintenant deux mois que les autorités préfectorales ont donné un préavis aux occupants du centre de dermatologie, ex-Tripano de quitter les lieux.

Selon nos informations, l’autorité veut mettre les lieux à la disposition du programme d’appui à la santé en Guinée (PASA) qui a décidé de reconstruire pour en faire ses locaux.

Les occupants qui sont sur les lieux, apprend-on, depuis le temps colonial et qui seraient pour la plupart des enfants d’anciens fonctionnaires de la santé se disent surpris par cette décision.

« Nous ne savons pas où aller. Je suis avec ma femme, mes enfants et mes jeunes frères et nous ne savons pas où aller parce que nous n’avons pas de moyens. Nous avons reçu le préavis, mais comment on peut pendant une période hivernale demander aux gens de quitter. C’est difficile de déloger un citoyen guinéen qui n’a rien », nous a confié un père de famille.

Et à un autre d’ajouter : «quelqu’un qui a des enfants et qui n’a rien où il peut aller pendant ces moments-ci ? Nous demandons vraiment que l’autorité nous aide en nous trouvant un autre lieu où nous pouvons aller.»

Pour certains, ces logements les a été octroyés par décret présidentiel depuis le 06 mai 1993. Ils réclament donc la propriété sur ces lieux.

« Il y a eu ce décret de feu président Lansana Conté qui a demandé à octroyer les vieux bâtiments à tous les fonctionnaires qui y ont occupé pendant 30 ans », nous a confié Alexandre Haba.

Mariama Kesso quand à elle, précise que la maison a été octroyée à son beau père qui y a fait 33 ans.

«Mon beau père a fait 33 ans de service et en ce temps, on soustrayait 50% sur son salaire », dit-elle.

Des versions balayées du revers de la main par le préfet Sory Sanoh qui demandent aux occupants de déguerpir les lieux avant l’expiration du préavis.

« Moi, je n’ai reçu aucun document d’attribution d’une quelconque parcelle à ceux dont les parents étaient là-bas. Nous en sommes conscients que là où ils sont n’appartient pas à leurs familles, avant qu’on arrive à une situation regrettable, je leur demande de respecter le délai du 19 juin », nous a convié le préfet Sanoh.

En attendant donc cette date boutoir, la tension est perceptible entre les autorités et les occupants qui semblent déterminés à ne pas quitter les lieux.